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Amnesty International inquiet du manque de liberté d’expression au Rwanda

Amnesty International inquiet du manque de liberté d’expression au Rwanda


La nouvelle carte du Rwanda

La nouvelle carte du Rwanda


L’organisation qui défend les droits de l’homme à travers le monde Amnesty international a débuté une sensibilisation visant à faire améliorer l’état de la liberté d’expression au Rwanda sous l’intitulé « QUAND S’EXPRIMER N’EST PAS SANS DANGER : les limites de la liberté d’expression au Rwanda ».
L’organisation fait savoir que la liberté d’expression au Rwanda est restreinte sans raison depuis de nombreuses années. Elle rappelle que malgré l’engagement que le pouvoir en place avait pris et qui consiste en la révision des lois liberticides ne tolérant pas la critique, la pratique a démontré plutôt l’acharnement de l’appareil étatique contre les journalistes critiques et les opposants politiques.
En effet, le Front patriotique rwandais (FPR), au pouvoir depuis le génocide de 1994, exerce un contrôle étroit sur la vie politique, la société civile et les médias, au motif que cela est nécessaire pour prévenir de nouveaux accès de violence. Toute voix discordante avec ce que veut faire croire ou qui dise ce que le FPR n’aimerait pas que ça se sache est en effet chargée sur base de ces lois voire physiquement liquidée.
Les restrictions sur la liberté d’association et d’expression ont empêché les nouveaux partis d’opposition de participer aux élections d’août 2010. Pendant cette période, les journalistes étaient passibles de sanctions pénales pour diffamation. Au lieu de prendre en compte les critiques, le gouvernement rwandais a essayé de les étouffer. Poursuit Amnesty International.
Cette organisation internationale demande à toutes et tous « d’agir maintenant » en écrivant aux autorités rwandaises dont le Président Kagame (Lire le message d’Amnesty International). Vos voix seront-elles entendues ?
QUE REPROCHE-T-ON AU REGIME FPRien ? LA PÉNALISATION DES CRITIQUES
Amnesty nous expose ou plutôt nous rappelle ce qui ne va pas au pays des milles collines où, jadis et selon la légende, Dieu passait ses nuits. Brièvement nous résumons les faits :
Des lois générales, rédigées en termes vagues, réprimant l’« idéologie du génocide » et le « divisionnisme » ont été introduites suite au génocide de 1994. Ces textes interdisent les discours de haine mais sont rédigés en termes si généraux qu’ils érigent aussi en infraction l’expression d’opinions ne s’apparentant pas à des discours de haine, et notamment toute critique du gouvernement, fût-elle légitime.
Dans son rapport d’août 2010 intitulé « Il est plus prudent de garder le silence : Les conséquences effrayantes des lois rwandaises sur l « idéologie du génocide » et le « sectarisme » (index AI : AFR 47/005/2010), la même organisation a montré comment la formulation vague de ces textes était utilisée pour faire tomber sous le coup de la loi toute critique à l’encontre des autorités.
Cette disposition législative prévoit aussi des sanctions pénales à l’encontre d’enfants de moins de 12 ans.
DES VIOLATIONS DE LA LIBERTE D’EXPRESSION CARACTERISEES
Le journalisme critique terrorisé
Avant le scrutin présidentiel d’août 2010, le gouvernement a pris des mesures très fermes à l’encontre des critiques. Il a eu recours à des sanctions réglementaires, à des lois restrictives et à des procès en diffamation pour faire interdire des organes de presse critiquant le gouvernement.
Après avoir reçu des menaces, le rédacteur en chef d’Umuvugizi, Jean-Bosco Gasasira, ainsi que celui d’Umuseso, Didas Gasana, ont fui le Rwanda, respectivement en avril et en mai 2010.
Agnes Nkusi Uwimana, directrice de publication du journal indépendant Umurabyo, en langue kinyarwanda, et sa rédactrice en chef adjointe Saidati Mukakibibi, ont été condamnées vendredi 4 février 2011 à dix-sept et sept ans d’emprisonnement respectivement, pour les articles d’opinion qu’elles ont écrits avant l’élection présidentielle d’août 2010.
Un journaliste tué. Jean-Léonard Rugambage, rédacteur en chef adjoint d’un journal rwandais en langue kinyarwanda, Umuvugizi, a été abattu le 24 juin 2010 devant chez lui, près de Kigali.
Les opposants politiques croupissent dans les prisons voire assassinés
Bernard Ntaganda, président et fondateur du Parti social Imberakuri (PS-Imberakuri), a été emprisonné le 11 février 2011, sur base d’accusations politiques.
Mentionnons aussi Victoire Ingabire, présidente des FDU (Forces Démocratiques Unies) rentrée des Pays-Bas pour aller participer aux dernières élections présidentielles et qui est emprisonnée pour des motivations purement politiques.
Enfin, un membre de l’opposition tué. Le 14 juillet, André Kagwa Rwisereka, vice-président du Parti Démocratique Vert du Rwanda, parti d’opposition, a été retrouvé mort à Butare, dans le sud du Rwanda. Il a été décapité.

Pacifique HABIMANA
Jambonews.net

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