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RDC-Élections: Un journaliste de France24 accusé de diffamation

RDC-Élections: Un journaliste de France24 accusé de diffamation

Sylvain Attal, journaliste à France24 se laisserait-il aller quand il s’agit de couvrir l’actualité de l’Afrique sub-saharienne ? En effet, le journaliste « renommé » de la chaîne française internationale, venu ce 28 novembre sur le plateau, pour donner un compte-rendu du premier jour des élections présidentielles en République Démocratique du Congo, tenues le même jour, a provoqué une vague de critiques suite aux propos qu’il a lancé contre l’un des candidats aux élections présidentielles : l’éternel opposant et patriarche Etienne Tshisekedi Wa Mulumba. Notamment que ce dernier , dixit Attal « ne vaut guère mieux » que Joseph Kabila, le président sortant, étant donné qu’il « est sous le coup de recherches, parce qu’on l’accuse d’avoir violé des centaines de femmes dans le Kivu ». Quant à Kabila, Attal dira seulement qu’il « n’a pas vraiment joué le jeu de la démocratie ». Voilà là des descriptions et mise en parallèle qui sont loin d’être neutres.

Sylvain Attal, journaliste de France 24

Sylvain Attal, journaliste de France 24


Le professionnalisme et la déontologie se verraient-ils ainsi sacrifiés sur l’autel d’une Afrique cauchemar – que des accusations sans preuves, portées sur des personnalités africaines notoires, passeraient inaperçues, au nom de l’ignorance général ? C’est qu’alors on a faire à du mépris !
Reste à savoir s’il est lié à une lacune ou alors à de la propagande grossière, voire les deux ? Parce que de Tshisekedi il n’y a aucune accusation qui existe au sujet d’éventuels viols que lui ou ses hommes auraient commis. Ce dernier ne dispose d’ailleurs d’aucune milice armée. Ces propos ont-ils été lancés en l’air pour rendre le candidat  illégitime à la course présidentielle ? Selon Youyou Muntu-Mosi, Porte Parole du collectif RDC France, il s’agit d’une atteinte grave. Effectivement cette dernière défend Tschisekedi en répondant à Attal, via la page Facebook de celui-ci, en ces termes: « où étiez-vous tout au long de cette décennie pour dénoncer cette vilenie en pointant du doigt les principaux concernés, c’est-à-dire le gouvernement Kabila… ?!! ». Et Tshisekedi, âgé de 78 ans, « vous lui donnez du coup des pouvoirs de Superman qu’il ne doit plus hélas posséder ! ». Donc c’est avec virulence que le groupe dénonce les « propos totalement diffamatoires » d’Attal, qui a « heurté et réellement choqué toute une communauté, tout un peuple ». Par ailleurs, demandent-ils, où sont les preuves de ces accusations ?
Outre les propos anecdotiques et grossiers, il faut dire qu’Attal révèle, à nouveau, une vision malheureuse qu’ont certains dits spécialistes occidentaux du contient Noir. Ce mépris, lié à une connaissance, souvent vulgaire, de la politique et réalités africaines, toutes réduites à des caricatures ; ce pessimisme occidental qui refuse de croire en une « tentative » de démocratie en Afrique. Et quand bien même elle a lieu, c’est pour jeter un discrédit total aux candidats opposants les plus prometteurs. Bref : on a à faire à une sorte de schizophrénie. Même si la RDC n’offre qu’un maigre espoir suite au processus électoral, à l’image de la crise électorale ivoirienne, faut-il pour autant s’attendre à ce que l’Afrique fasse des pas de géants vers la démocratie, 50 ans après une décolonisation politique ? C’est qu’on est dans l’utopie. Parce que la démocratie est un processus qui s’étale sur une période assez longue. Dès lors penser l’Afrique sans ce contexte précis, il ne faut pas s’étonner qu’on la juge indigne d’attention. Et Attal n’a pas d’expérience du continent Noir pour qu’il soit invité sur des plateaux télé pour brosser des portraits, par ailleurs fictifs.
Cependant, ce dernier a fait une « mise au point ». Notamment qu’il s’excuse humblement des propos tenus lundi sur France24. Confessant ainsi la maladie chronique qu’ont beaucoup de médias occidentaux de généraliser l’Afrique, quand Attal lui-même écrit dans sa lettre d’excuse : « Il y a hélas beaucoup d’accusations de ce genre en RDC (…) C’était tout simplement faux ».
Or c’est sans compter l’énorme pression et indignation de la communauté congolaise de part et d’autre. Bien qu’Attal disait qu’«il ne suffit pas de proposer au peuple de mettre un bulletin dans l’urne pour faire aussitôt de ce pays une démocratie », il aura également compris…24h plus tard, que les africains n’ignorent pas moins les principes fondamentaux de celle-ci, quand il s’agit, aussi, de rappeler à l’ordre un journaliste occidental qui divague. Oui, l’épreuve du feu s’applique à tous. Attal, toujours dans sa lettre d’excuse, confirme : « Il y a eu depuis hier de très nombreux appels de Congolais choqués, parfois en colère, je peux parfaitement le comprendre et c’est vrai que je leur dois des excuses – en accord avec la direction de la chaîne – tout comme évidement à M. Tshisekedi. Cela dit, pour couper court à toute théorie du complot, je tiens à dire que cette erreur (qui est seulement la mienne) a été commise de bonne foi, que France 24 est rigoureusement impartiale dans cette campagne ».
Comme quoi l’humilité s’impose parfois là où l’on s’y attend le moins.
Jean Bigambo
JamboNews.net

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