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Rwanda : “sept fatalités à éviter pour faire tomber Kagame”

Rwanda : “sept fatalités à éviter pour faire tomber Kagame”

Depuis qu’il a rompu avec son ancien patron l’actuel chef d’Etat rwandais, Theogene Rudasingwa ne rate aucune occasion pour embarrasser le régime de Kigali, de la dénonciation des crimes commis par ses anciens compagnons, révélations des “confessions” de Paul Kagame sur ses responsabilités dans l’attenant du 6 avril 1994 contre l’avion de Habyarimana, aux divulgations sur les mensonges du régime. L’ancien chef de cabinet de l’homme fort du Rwanda vient d’enfoncer le clou. Dans un message publié via son compte facebook ce lundi 06 février, il réitère son souhait de voir s’effondrer le régime « mortifère » de Kigali et énumère pour cela “sept fatalités” que les rwandais devraient éviter, et ce qu’il faut faire pour “en finir avec le règne de Paul Kagame”.     

Theogene Rudasingwa

Theogene Rudasingwa


« Frères amis, nous entamons en 2012, une étape décisive dans notre combat pour se débarrasser de ce régime mortifère de Paul Kagame »  a-t-il commencé dans son message, avant de citer les sept fatalités qui rongent selon lui, la société rwandaise, l’empêchant de lutter  pour précipiter vers la chute, du régime de Kigali, “pourtant à bout de souffle”.

1. «Est-il prudent de faire confiance à ces tutsi, pouvons-nous faire confiance à ces hutus, ces sudistes (abanyenduga), ces nordistes (bakiga) ?

 Dissiper les doutes et se faire confiance  est la première fatalité que Rudasingwa invite les rwandais à refuser. Dans ce cadre, il invite la communauté rwandaise à rejeter  les pensées comme : «est-il prudent de faire confiance à ces tutsi, pouvons nous faire confiance à ces hutus, ces sudistes (abanyenduga), ces nordistes (bakiga) ? “hutu et tutsi nous avons tous soufferts, la barbarie dont nous avons tous été victimes au Congo, à Kibeho et durant le génocide, n’est elle pas une preuve suffisante d’un lien de souffrance et de douleur qui nous unit ?” S’est-il demandé. « Faut-il attendre une autre tragédie (au Rwanda) pour ouvrir les yeux ? Si notre statut de victime ne cimente pas un lien de confiance entre nous, que deviendrons nous ? Les hutus ne remporteront pas le combats seuls, les tutsi ne remporteront pas le combat seuls, même chose pour les sudistes et nordistes ? Ce n’est qu’ensemble que nous vaincrons ».a-t-il ajouté.         

2. « Ca ne me regarde pas, je suis encore jeune, je suis âgé, je ne suis pas au Rwanda, je me suffis » 

Il se demande à qui (la démocratie) regarde si ce n’est chacun et chacune des citoyens Rwandais. Il interpelle nombreux rwandais qui se laissent gagner par le doute, si ce n’est la peur. Pour cela il condamne ceux qui disent « attendons pour voir comment évoluera la situation, en cas de victoire j’en profiterai – que je lutte ou pas, je ne veux pas être en ligne de mire en cas de défaite ». D’après Rudasingwa, le combat qui s’est engagé pour sauver le Rwanda acculé par une dictature sans nom, nécessite un courage considérable « rester à l’écart tandis que les autres luttent, c’est très lâche et honteux » a-t-il affirmé.

3. «  Les autres s’en occuperont »

« Qui se chargera de ton fardeau ? Le Rwanda n’est pas à nous tous ? » S’est demandé l’ancien secrétaire général du FPR avant d’ajouter : « chaque rwandais traine avec lui des souffrances, ce n’est qu’en travaillant ensemble qu’on s’en sortira, si non le régime de Paul Kagame nous liquidera impitoyablement et à petit feu »

4. « On le fera plus tard, demain est un autre jour »

Est la quatrième série de fatalité que Rudasingwa appelle à éviter. Selon lui, c’est une grande erreur de baisser les bras et se dire que demain apportera une solution, il défend que « chaque jour sans lutter est une journée perdue, puisqu’au Rwanda, il ne se passe pas une journée sans qu’une personne soit injustement emprisonnée, assassinée ou brutalisée ».

5. « Le chemin est tres long, et semé d’embûches».

A cette cinquième fatalité, Il  dit qu’au lieu de se décourager à causer de la lourdeur de la tâche, les Rwandais devraient plutôt prendre conscience du chemin à faire et se motiver.

6.« J’ai peur, ma famille est encore au Rwanda, je ne veux pas que Kagame les extermine».

Dr. Rudasingwa rappelle à ceux qui s’inquiètent pour leurs familles encore au Rwanda que, tous les rwandais à l’extérieur du pays ont de la famille ou des amis encore dans le pays, et qu’en restant sans agir on ne leur rend pas service, car ce sont eux qui subissent chaque jour la brutalité du régime Kagame.

7.« Le régime de Kagame est invincible »

À ceux qui pensent comme ça, Rudasingwa les exhorte à faire une rétrospective des régimes qui se sont succédés au Rwanda, et comment ils ont fini.  [Ndi ikinani cyananiye abagome nabagambanyi (« je suis l’Invincible et l’Inamovible ») se ventait souvent le défunt président Habyarimana ; « abibwira ngo bazakuraho Kagame bazamushoboza iki se ? » [NDLR: Paul Kagame répète souvent à qui veut l’entendre que pour lui, un coup d’Etat est impossible au Rwanda, “Ceux qui se disent qu’ils feront tomber Kagame, ils y arriveront comment ?”- avait il notamment lancé devant une foule à Bruxelles le 04 décembre 2010.]

  « Aucune dictature ne dure, l’écroulement c’est ce qui attend Paul Kagame » dit Rudasingwa

Théogene Rudasingwa a été le Secrétaire général du Front Patriotique Rwandais, ambassadeur aux Etats-Unis, et un directeur de cabinet de Paul Kagame duquel il était très proche. Après avoir rompu avec ses anciens compagnons de route, il n’a cessé de révéler les secrets du régime qui étaient jusque-là bien gardés. Si quelqu’un doit connaitre les points faibles du régime, c’est probablement lui. Cela explique l’engouement que provoque de nombreuses recommandations et propositions qu’il ne cesse de lancer envers les Rwandais, pour parachever la chute d’un régime qui semble selon lui atteindre en ce moment-même son paroxysme.
 Jean Mitari
Jambonews.net

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