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Des hauts officiers Rwandais en contact direct avec le M23

Des hauts officiers Rwandais en contact direct avec le M23

Les experts des Nations unies disposeraient de preuves selon lesquelles plusieurs hauts gradés rwandais, dont James Kabarebe -le ministre de la Défense, sont en contact permanent avec le mouvement du 23 Mars (M23), qui sévit à l’Est de la RDC depuis plusieurs semaines.
Si depuis le déclenchement d’une nouvelle guerre àl’Est de la RDC au début du mois de mai le Rwanda a été mis en cause pour le soutien qu’il apporte aux rebelles du M23, jusqu’à présent aucune source officielle n’avait cité les noms des responsables rwandais impliqués dans cette guerre sanglante.Kagame, Kabarebe et Charles Kayonga
Aujourd’hui les Nations-Unies disposent de preuves que la guerre à l’Est de la RDC est traitée au Rwanda comme une affaire d’Etat, puisque ce sont les hauts dignitaires du régime de Kigali qui se chargent de ce dossier.
Selon les notes prises lors d’une réunion à huis clos du comité des sanctions de l’ONU, dont l’agence Reuters se fait écho, des responsables rwandais dont le ministre de la Défense James Kabarebe, le chef d’état-major des forces de défense Charles Kayonga et le général Jacques Nziza, conseiller militaire de Paul Kagame seraient en « contact permanent avec la rébellion du M23″.
Rappelons que James Kabarebe a combattu dans la première guerre du Congo aux côtés de l’Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo (AFDL). Ce mouvement rebelle était soutenu principalement par le Rwanda et, à l’époque, était sous la direction de Kabila (père). Suite à la chute de Mobutu, James Kabarebe a été nommé chef d’état-major de la RDC en « récompense » du soutien que le Rwanda avait apporté dans la guerre de « libération ». Suite aux nombreux désaccords avec Laurent Désire Kabila, James Kabarebe fut limogé de son poste et renvoyé vers son pays. L’actuel ministre de la défense Rwandais est considéré comme un élément clé du Régime de Kigali, probablement le numéro deux après Paul Kagame.
Ces trois généraux cités par les experts onusiens sont recherchés par l’Espagne pour crimes de guerre, crimes contre l’humanitéet génocide. Ils sont également mis en examen par la justice française pour leur rôle présumé dans l’assassinat de l’ancien président rwandais Juvénal Habyarimana, tué dans l’attentat contre son avion le 6 avril 1994. Le général Jacques Nziza est connu quant à lui comme l’homme le plus craint du Rwanda, il est soupçonné d’être celui qui a commandité plusieurs meurtres, notamment la tentative d’assassinat en 2010 contre le général Kayumba Nyamwasa, ancien chef d’état-major rwandais actuellement refugié en Afrique du Sud.
Lors de la réunion du comité des sanctions de l’ONU, le 13 juin à New York, il a aussi été dit  que les enquêteurs onusiens disposaient de preuves selon lesquelles des militaires rwandais avaient pénétré en territoire congolais pour renforcer les positions rebelles, leur avaient fourni un appui logistique et ont  permis au chef rebelle Bosco Ntaganda et à ses forces de se rendre au Rwanda en toute sécurité.
Les réflexions formulées durant cette réunion sont pour l’instant restées à l’état verbal et un compte-rendu écrit est attendu dans les jours à venir. Joint au téléphone par Reuters, le colonel rebelle Vianney Kazarama a démenti tout soutien du Rwanda au M23. Egalement contacté par Reuters, le ministère rwandais de la Défense  est resté non joignable dans l’immédiat. Le président du Rwanda Paul Kagame a, quant à lui, déclaré au cours d’une conférence de presse cette semaine que son pays était étranger à l’instabilité à l’Est de la RDC.
 Jean Mitari
Jambonews.net

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