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Sommet des Grands lacs : la montagne accouche d’une souris

Sommet des Grands lacs : la montagne accouche d’une souris

Comme on devait s’y attendre c’est un grand vent qui a soufflé sans pluie, Même un marabout charlatan aurait pu prédire un tel échec. Le statut quo demeure donc à la clôture de  ce sommet de Kampala ayant vu les chefs d’États de la région des grands lacs se pencher au chevet de la RDC.  Le diagnostic était bel et bien connu mais les toubibs attitrés n’ont été capables d’apporter aucun  remède, au contraire il a été convenu une énième rencontre  entre présidents  qui aurait lieu dans quatre semaines.

Sommet des Grands lacs

Sommet des Grands lacs


Il a également été décidé la mise sur pied d’un « sous-comité » ministériel chargé de « fournir des détails sur la mise en œuvre de la force internationale neutre ». Le sous-comité, présidé par le ministre ougandais dela Défenseet composé de ses homologues d’Angola, du Burundi, du Congo, de RDC, du Rwanda et de Tanzanie, devra également « proposer des mesures urgentes concrètes pour permettre un arrêt complet des combats » dans l’est dela RDC, selon le texte du communiqué final.
Il devra rendre son rapport final lors du prochain sommet, est-il précisé.
Sur le terrain, nous apprenons que les Rebelles de M 23 soutenus par le Rwanda venaient d’installer une administration dans le territoire de Rutshuru alors même que les négociations de Kampala n’avaient pas encore pris fin, preuve qu’un pallier supplémentaire venait d’être franchi dans le non moins nébuleux plan d’émiettement de la partie Est du Congo.
Que dire? Quoi penser? Comment justifier?
Nul ne saurait présager ce qui se passera dans les prochains mois mais les intentions des principaux  acteurs dans cette crise paraissent de plus en plus claires.
Il y a tout d’abord le président  Kagame qui semble à présent maîtriser une situation qui a failli lui échapper il y a quelques semaines. Ses multiples sorties médiatiques dans les médias internationaux ont vraisemblablement porté quelques fruits vus l’accalmie soudaine de ses principaux bailleurs de fonds symbolisée par l’amnésie curieuse en sa faveur du Conseil de sécurité des Nations Unies dans la désignation des principaux instigateurs de la guerre au Congo.
Il ya ensuite cet immobilisme des pays dela Régionà travers ses incessants atermoiements  des  sommets sans résultats concluants qui semble favoriser  Kigali dans sa stratégie « d’objection permanente en théorie, et progression persistante en pratique ».
Deuxièmement il y a le président Kabila qui a sans conteste le rôle le moins envieux du décor  vu le statut de  « victime » maladroitement endossé jusque là parla RDC.
Ses détracteurs les plus farouches lui ont toujours reproché de courber l’échine face à  Kagame, arguant qu’en 11 ans de présidence de Kabila pas une seule foisla RDCn’a réussi à gagner un bras de fer face au Rwanda dans  leurs accords bilatéraux; systématiquement la volonté de Kigali sortant triomphante.
Il lui a également été reproché son très long silence pendant la crise alors que Kagame ne cessait de multiplier les sorties médiatiques extérieures et locales. Préoccupation à laquelle il répondit localement le 28 juillet 2012 soit 3 mois après le début de la crise.
Il paraît dès lors hypothétique d’envisager pour les mois à venir un virage de sa part afin d’apporter une réorientation stratégique dans sa gestion de la politique étrangère de la RDC, particulièrement à l’égard du voisin rwandais.
 Les populations de l’Est de la RDC; victimes des exactions, meurtres et pillages  devront vraisemblablement prendre leur mal en patience et attendre la prochaine réunion entre Chefs d’États mais en gardant bien à l’esprit qu’un peuple qui sombre dans le désespoir est un peuple qui manque d’imagination.
Charis Basoko

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