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Rwandais et Congolais portent plainte à la CPI contre Paul Kagame

Rwandais et Congolais portent plainte à la CPI contre Paul Kagame

Se disant horrifiés par la nouvelle guerre à l’est de la RDC, et les graves crimes qui y sont perpétrés, les deux principaux partis de l’opposition rwandaise en exil se sont joints à des organisations de la société civile congolaise, pour porter une plainte ce 17août 2012 à la Cour pénale internationale contre le président rwandais Paul Kagame, dont le pays a été mis en cause par le rapport des Nations-Unies pour son soutien au M23, un mouvement rebelle qui sévit à l’est de la RDC et y commet des crimes contre les populations civiles.
 

Cour pénale internationale à  la Haye aux Pays-Bas

Cour pénale internationale à la Haye aux Pays-Bas


La société civile congolaise et les opposants rwandais ont annoncé qu’ ils iront ce vendredi à La Haye où siège la CPI pour demander à ce que les accusations formulées dans un rapport de l’ONU soient instruites par ladite Cour. Ces accusations affirment que le régime de Kigali soutient, en armes et en hommes, les rebelles de M23 qui sèment la terreur depuis plusieurs semaines à l’est de la RDC. « Ils veulent aussi une enquête sur les soupçons que le Rwanda pille les ressources minières de l’est de la RDC » a annoncé la BBC.
Cette démarche judiciaire interviendrait suite aux pressions de la Communauté internationale qui se sont accrues ces derniers jours contre le régime de Kigali pour enjoindre ce dernier de cesser tout soutien aux rebelles du M23 qui affrontent depuis le début du mois de mai l’armée nationale congolaise. Certains pays dont les Etats-Unis, la Grande Bretagne, la Suède, l’Allemagne et les Pays-Bas ont décidé même de geler l’aide qu’ils accordaient au gouvernement de Paul Kagame.
Depuis la première guerre du Congo en RDC en 1996, plusieurs plaintes et rapportsd’enquêtes dénoncent les crimes commis à l’est de la RDC. A chaque reprise, le général Paul Kagame a été pointé du doigt comme responsable de ces atrocités répétées. Le plus important des rapports mettant en cause ce dernier, c’est le rapport des Nations-Unies connu sous le nom de mapping report, sorti en 2010, qui accuse Paul Kagame d’avoir perpétré en RDC, des crimes de guerre et crimes contre l’humanité assimilables à un génocide. La plainte qui sera déposée ce vendredi sera significative car elle intervient dans un contexte de reprise de la guerre dans le Kivu et dans une période où Paul Kagame semble çetre lâché de toute part, notamment par ses alliés de longue date. « Le bureau du procureur à la CPI qui enquête depuis 2004 sur les crimes contre l’humanité en République démocratique du Congo, pourrait se saisir de l’affaire rapidement ( poursuivre le dictateur rwandais Paul Kagame NDRL) a annoncé la BBC. « La guerre n’a qu’un seul parrain : Paul Kagame. (…). Tout est en train d’être fait pour que l’homme fort de Kigali réponde un jour de ses actes devant la justice internationale » pouvons nous lire dans le quotidien d’information en ligne l’observateur.

Nous rappelons que les chefs d’Etat ne bénéficient d’aucune immunité devant la CPI. Cette cour est donc compétente pour poursuivre Paul Kagame, même si le Rwanda n’a pas ratifié le traité de la CPI. C’est sur cette base que cette Cour a émis un mandat d’arrêt à l’encontre du président soudanais Omar el-Béchir. C’est également sur cette base que l’ex-président du Libéria, Charles Taylor, a été arrêté, jugé et condamné à 50 ans de prison pour des crimes commis sur le territoire voisin de Sierra Leone par le Tribunal spécial pour la Sierra-Léone également basé à La Haye.  D’un point de vue juridique, rien ne s’oppose à ce que des poursuites soient engagées à l’encontre dePaul Kagame d’autant plus que la RDC fait partie des pays ayant ratifié le traité de  Rome et accepté l’autorité de la CPI.

 Jean Mitari
Jambonews.net
 

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