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« Le Rwanda a le droit de dessiner son destin indépendamment des aides étrangères » Paul Kagamé

« Le Rwanda a le droit de dessiner son destin indépendamment des aides étrangères » Paul Kagamé

Le président rwandais et le gouvernement lancent officiellement le fonds de solidarité Agaciro ce jeudi 23 août 2012.

Agaciro

Agaciro


Au pays de «  l’agaciro », cette initiative intervient au moment où  les Etats Unies, La Suède, l’Allemagne, les Pays Bas et le Royaume Unie ont  décidé de geler  leurs aides au développement en raison du soutien présumé du Rwanda au mouvement rebelle M23 semant des troubles dans l’est de la république démocratique du Congo.

De la dignité avant toute chose

Que ce soit à Chicago ou à Paris, le président rwandais n’a eu de cesse de marteler le terme « Agaciro », entendez par là «  la dignité » en kinyarwanda lors de ces allocutions devant la diaspora. C’est devenu le leitmotiv du chef de l’Etat. Rien d’étonnant qu’aujourd’hui, le président Paul Kagamé lance officiellement ce fonds pour tenter de combler le déficit budgétaire qui s’annonce.
Officiellement, l’initiative a été décidée lors du  « dialogue nationale » en 2011 afin de « rendre le pays de plus en plus indépendant des aides étrangères et redonner aux rwandais leur dignité » a expliqué John Rwangombwa, ministre rwandais de l’économie et des finances lors d’un point de presse à Kigali lundi 20 août.

Qu’en est-il réellement de ce fonds ?

Officiellement, ce fonds doit permettre d’atteindre les objectifs de développement national et de stimuler les milieux ruraux. Tous les rwandais sont appelés à contribuer  « de manière volontaire » à l’effort national par voie bancaire ou par sms. Un site internet a été crée pour canaliser l’apport des rwandais de la diaspora. « Les ressources mobilisées seront utilisées pour compléter le budget national, parvenir aux objectifs de la vision 2020 et soutenir les projets gouvernementaux» affirme le ministre Rwangombwa. Les ministres rwandais ont déjà versé 33 millions de francs rwandais, soit plus de 43 000 euros dans les caisses de ce fonds ; sachant que l’accès à l’électricité dans les zones rurales nécessite 1.4 milliard de dollars américains sur cinq ans.
Cependant, la plateforme mise en place par les autorités pour communiquer sur cette initiative laisse transparaître des doutes et soulèvent des questions légitimes. En effet,  aucuns axes prioritaires de moyen et de long terme n’ont été définis précisément. Aucuns  mécanismes de gestion du fonds et de  procédures de contrôle de celui-ci n’ont été établis jusqu’à maintenant. Enfin, Le fonds ne dispose d’aucuns cadres juridiques. Il n’y aura pas d’incitations financières.
Les autorités expliquent par l’intermédiaire de cette plateforme que ce sont les associations de citoyens qui définiront annuellement les priorités et veilleront à la gestion de ce fonds sans toute fois préciser  la nature de ces associations,  leur pouvoir et leurs moyens d’action. Les contributeurs de ce fonds ne toucheront aucuns intérêts ni compensations financières.
A ces faiblesses intrinsèques cette initiatives, s’ajoutent également des critiques concernant la participation « volontaire » dans ce fonds
« Certains commerçants de Kigali remettent en cause le caractère volontaire de participation dans le dit fonds. Ils affirment être forcés par des représentants du gouvernement d’y contribuer en versant des sommes dans les caisses du fonds » affirme le quotidien rwandais UMUVUGIZI.
Enfin, Les critiques portent également sur le niveau élevé d’imposition en vigueur au Rwanda.  les ménages et les commerçants sont lourdement  taxés ; la loi des finances pour la période 2012-2013 au Rwanda montre que les recette fiscales prévues à la hausse continueront à constituer  la première source de recettes intérieures .
Hasard ou coïncidence ? Claver Gatete, gouverneur de la banque centrale du Rwanda  vient d’annoncer son intention de lancer un emprunt auprès de la diaspora d’ici la fin de l’année mais rien ne semble avoir été arrêté, que ce soit le montant, le rendement ou la date de lancement de l’émission obligataire. Contacté à ce sujet, un spécialiste des marchés africains parle surtout d’effet d’annonce selon le site d’information Jeune Afrique.
Marie Umukunzi

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