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Le Rwanda continue de soutenir les rebelles du M23 (HRW)

Le Rwanda continue de soutenir les rebelles du M23 (HRW)

Selon un rapport publié par Human Rights Watch ce mardi 11 septembre, le Rwanda continue de soutenir les rebelles du Mouvement du 23 mars (M23) malgré les mesures prises par la Communauté Internationale afin de protester contre les violences à l’Est du Congo qui ont fait près de 500000 déplacés selon Financial times et un nombre inconnu de morts et de blessés en six mois.

Le colonel Sultani Makenga. Source: Reuters

Le colonel Sultani Makenga. Source: Reuters


 « Les rebelles du M23 sont en train de commettre une horrible série de nouvelles atrocités dans l’est de la RDC. Les commandants du M23 devraient être contraints de rendre des comptes pour ces crimes et les autorités rwandaises qui soutiennent les commandants responsables d’exactions pourraient être traduits en justice pour complicité de ces crimes. »,a déclaré Anneke Van Woudenberg, chercheuse à la division Afrique de HRW.
Dans son rapport, HRW accuse le Rwanda d’être impliqué dans le recrutement forcé de milice, l’approvisionnement en armes et en munitions ainsi que dans la participation aux opérations du M23 à des moments stratégique. Des 900 nouvelles recrues du M23, 2/3 auraient été recrutés du côté rwandais de la frontière dont beaucoup par la force et certains étaient âgés de moins de 15 ans. « D’un point de vu légal, le Rwanda pourrait être poursuivi pour crimes de guerre parce qu’il est directement impliqué dans le conflit par le recrutement ainsi que la participation aux combats. », affirme Anneke Van Woudenberg.  
Le gouvernement de Paul Kagame, qui a déployé le mois dernier, toute son énergie à contester les allégations selon lesquelles il serait impliqué dans la mutinerie du M23 continue de nier tout soutien à ce mouvement. Un des hauts officiers de l’armée rwandaise a confié au Financial Times « qu’ils (HRW) ont leur propre agenda ». Côté M23, le colonel Makenga, interpelé par HRW, nie le recrutement de force et l’exécution sommaire affirmant que l’adhésion à leur rangs était volontaire et que les informations concernant leur pratiques de recrutement ne sont que « le fruit de la propagande du gouvernement congolais ».
 Selon les recherches de HRW, au moins 137 jeunes hommes et garçons ont été recruté dans le territoire de Rutshuru depuis juillet. La plupart ont été enlevés à leur domicile, au marché ou alors qu’ils se rendaient à leurs champs. Au moins sept d’entre eux avaient moins de 15 ans. Des témoins ont rapporté à HRW qu’au moins 33 nouvelles recrues et d’autres combattants du M23 avaient été sommairement exécutés alors qu’ils essayaient de s’enfuir. Certains ont été ligotés et abattus devant les autres recrues à titre d’avertissement.
Le rapport se base sur des entretiens menés du mois de mai à septembre avec 190 personnes dont des victimes congolaises et rwandaises, des membres des familles de victimes, des témoins, des autorités locales, ainsi que des combattants et ex-combattants du M23.  Ce mouvement qui sévit depuis le mois d’avril 2012 à l’Est du Congo est responsable selon le rapport de « crimes de guerre à grande échelle, y compris des exécutions sommaires des viols et des recrutements de force. » Depuis juin, les combattants du M23 ont tué de sang froid au moins quinze civils dans des zones qu’ils contrôlent, violé au moins 46 femmes et filles, dont la plus jeune victime était âgée de 8 ans, assure le rapport. Des membres du M23 ont tué par balles une jeune femme de 25 ans enceinte de trois mois, parce qu’elle résistait à une tentative de viol. Deux autres femmes sont mortes des blessures reçues lorsqu’elles ont été violées par des combattants du M23.
 Une femme de 32 ans a raconté que les rebelles avaient défoncé la porte de son habitation, battu à mort son fils de 15 ans et enlevé son mari. Avant de partir, les rebelles l’ont violée collectivement, ont répandu du carburant entre ses jambes et mis le feu au carburant, indique le rapport.
 Ces nouvelles données viennent renforcer le rapport des Nations Unies, rendant de plus en plus difficile pour les états occidentaux d’ignorer les éléments de preuve pointant le regime rwandais comme « Etat parti au conflit ». Les Etas Unis, la Grande Bretagne, l’Allemagne, les Pays-Bas,la Suèdeetla Banquede Développement Africaine ont par ailleurs décidé de suspendre ou de reporter leur aide financière à Kigali, bien que la semaine dernière le ministère britannique du Développement international est revenue sur sa décision en débloquant la moitié du budget de soutien sous prétexte que des efforts avaient été faits par le régime dirigé par Paul Kagame.
 « Les démentis répétés du gouvernement rwandais selon lesquels ses responsables militaires ne soutiennent pas les rebelles criminels du M23 manquent sérieusement de crédibilité. Le Conseil de sécurité des Nations Unies devrait sanctionner les chefs du M23, ainsi que les dirigeants rwandais qui les aident, pour graves violations des droits humains. » a insisté Anneke an Woudenberg.
 Irène Nyenyeli
Jambonews.net

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