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Il y a 22 ans, le FPR attaquait le Rwanda

Il y a 22 ans, le FPR attaquait le Rwanda

C’est le 1er octobre 1990 que sous le commandement du Général Fred Rwigema, l’armée patriotique rwandaise (APR) attaqua le poste frontalièr de Kagitumba entre le Rwanda et l’Ouganda. Ainsi venait de commencer ce qui est communément appelé la « guerre d’octobre », ou la « guerre de libération » selon le terme des vainqueurs. Les anciens exilés Tutsi qui réclamaient le droit de rentrer dans leur pays, venaient d’opter pour la guerre afin de regagner la terre qu’ils avaient fui 30 ans auparavant lors de la révolution de la masse Hutu. Cette guerre civile qui a duré quatre ans, va entrainer l’une des tragédies les plus meurtrières du 20éme siècle.

Rwanda

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Déclenchée le 1er ctobre 1990, la guerre restera cantonnée au nord du pays, principalement dans les préfectures peuplées de Byumba et Ruhengeri, et provoquant des milliers de déplacés à l’intérieur du pays. Ce sont les populations de ces zones qui furent les premières victimes de la guerre, puisque des centaines de milliers d’hommes ,de femmes et d’enfants ont dû quitter les régions du nord du pays, que le  FPR présentait pourtant comme régions  « libérées » par lui . En janvier 1994, on dénombrait près d’un million de  déplacés  des régions occupées par leFPR, principalement Byumba et Ruhengeri et qui campaient dans le camp de Nyacyonga, aux portes de Kigali dans des conditions humanitaires désastreuses. Un des plus grands camps de refugiés jamais vu auparavant au Rwanda se trouvait  à 12 km à peine de la capitale Kigali.
L’APR était constitué en grande partie, dans sa structure de commandement par des éléments  qui évoluaient dans l’armée ougandaise (la NRA), dont nombreux occupaient même des postes à responsabilités comme Fred Rwigema, le chef de FPR au début de la guerre, qui occupait le poste de vice ministre de la défense ougandais.
La guerre va plonger le pays dans une spirale de violence, où les attentats, la terreur, les disparitions, le fanatisme politique vont se multiplier.  La guerre raviva également un climat de méfiance entre les ethnies, doublée de l’esprit régionaliste entre les hutu du sud et ceux du nord.
Au cours de la guerre, sous la pression internationale, Habyarimana accepta le multipartisme politique (en 1991), et un gouvernement de coalition se mit en place (en 1992). Sur le terrain, plusieurs attaques du FPR seront contrées par l’armée gouvernementale, grâce à l’intervention des détachements français, comme celle du 8 février 1993 dans la ville de Ruhengeri. En même temps, à Arusha en Tanzanie, les négociations entre le gouvernement rwandais de l’époque et le FPR commençaient au courant du mois de juillet 1992.
Néanmoins, si la « guerre d’octobre » a duré à peu près quatre ans, sa phase la plus sanglante est celle qui se déroule entre le 6 avril et le 17 juillet 1994. En effet, après l’attentat du 6 avril 1994 contre l’avion du président rwandais, les combats entre le FPR et les FAR (Forces Armée Rwandaise) débutent immédiatement dans les quartiers périphériques de Kigali, ainsi que dans les préfectures du nord du pays. La mort du président Habyarimana dans un attentat qui reste toujours mystérieux, plongait également le pays dans folie meurtrière qui fera plus d’un million de mort en l’espace de 100 jours. Toutes les couches de la population en étaient touchées, des tutsi aussi bien que des hutu. La guerre d’octobre s’achève le 14 juillet 1994 après la prise de Gisenyi, le dernier bastion des FAR, ce qui marquait une victoire totale du FPR. La progression du FPR et sa prise du pouvoir à Kigali, entrainera la fuite de plus de deux millions de population  vers l’exil, principalement en Tanzanie, au Burundi et au Zaïre.
Cet exode et le démantèlement meurtrier des camps de réfugiés qui s’en est suivi à partir d’octobre 1996 par les troupes de l’APR/AFDL avant leur prise de Kinshasa, furent le point de départ d’une déstabilisation régionale et plus spécifiquement de l’Est de la RDC qui, jusqu’à aujourd’hui, selon les sources, a fait entre 6 et 8 millions de victimes.
Jean Mitari
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