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Des drones pour surveiller la frontière Rwanda-RDC

Des drones pour surveiller la frontière Rwanda-RDC

A la demande du Secrétaire général adjoint de l’ONU pour les opérations de maintien de la paix, Hervé Ladsous, les Etats-Unis ont décidé ce mercredi 9 janvier, de déployer des drones de surveillance à l’Est du Congo pour appuyer la mission des Nations unies dans cette région en proie à une guerre civile sanglante depuis plusieurs mois. La République démocratique du Congo (RDC) a salué cette proposition des Nations Unies, tandis que le Rwanda voisin s’y oppose estimant que l’Afrique ne doit pas devenir « un laboratoire pour des engins d’espionnage de l’étranger ».

Drone

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L’ONU demandait depuis 2008 que soient déployés à l’Est du Congo les drones pour renforcer les 19 000 casques bleus onusiens dont l’efficacité n’a cessé d’être mise en cause. Cette fois ces fameux avions sans pilotes déjà utilisés dans plusieurs théâtres des opérations, notamment en Afghanistan ou au Pakistan dans « la guerre contre le terrorisme » vont être utilisés à l’Est Congo, où une guerre sanglante oppose depuis plusieurs mois le gouvernement congolais aux rebelles du M23 appuyés par le Rwanda selon l’ONU. «  Les Etats-Unis soutiennent la proposition des Nations unies d’utiliser les avions sans pilotes non armés, par exemple en République Démocratique du Congo, pour accroître la capacité de surveillance des forces de maintien de la paix » a annoncé le mercredi 9 janvier Victoria Nuland porte-parole du département d’Etat.  Mardi 8 janvier 2013, le Secrétaire général adjoint de l’ONU pour les opérations de maintien de la paix, Hervé Ladsous, avait annoncé au Conseil de sécurité que la Mission des Nations Unies au Congo ( Monusco) prévoyait de déployer trois drones pour surveiller l’Est de la RDC, en particulier la frontière Rwando-congolaise.

 La RDC salue l’utilisation des drones de surveillance

Le gouvernement congolais par la voix de son porte parole Lambert Mende, a salué la proposition des Nations unies de déployer les drones pour surveiller l’est du pays, lors d’un point de presse tenu ce vendredi le 11janvier à Kinshasa.
« Le déploiement de trois drones non armés pour surveiller l’Est de la RDC paraît d’autant plus utile au renforcement de la paix dans la région qu’il permettra d’affiner la maîtrise, par les forces internationales, des mouvements le long de la frontière à problèmes qui sépare la RD Congo et la République du Rwanda »  a indiqué Lambert Mende
Le porte-parole du gouvernement congolais a souligné que « la Force onusienne agissant au nom de la communauté internationale devrait pour la crédibilité de cette dernière, améliorer ses capacités opérationnelles pour arrêter la catastrophe humanitaire qui se joue au Kivu ».
Au cours du point de presse de ce vendredi 11 janvier, M. Mende a tenu à souligner que les discussions en cours à Kampala entre le M23 et le pouvoir de Kinshasa, n’enlèvent rien au « caractère criminel » de cette rébellion, et qu’il ne serait pas « question qu’un éventuel accord qui viole la Constitution, autrement dit l’ordre établi ».
Le Rwanda en ligne de mire de cette surveillance 
Le Rwanda maintes fois accusé de soutenir en « armes et en hommes » les rebelles de M23, ne voit pas d’un bon œil le déploiement des drones à l’est du Congo pour surveiller la frontière qui sépare les deux pays. D’ailleurs le renforcement de surveillance de la frontière rwandaise peut être interprété comme une conviction des Nations unies que les problèmes à l’est du Congo viennent du Rwanda, même si le Rwanda évoque craindre pour sa souveraineté pour rejeter ce déploiement des drones. « L’Afrique ne doit pas devenir un laboratoire pour les appareils de renseignement de l’étranger » a déclaré mercredi 09 janvier dernier, Olivier Nduhungirehe, numéro deux de la missiondu Rwanda aux Nations Unies. Ce diplomate ajoute que « Nous ne savons pas si ces drones vont être utilisés pour recueillir des renseignements en provenance de Kigali, Kampala, Bujumbura ou dans toute la région. ».
Pour le Conseiller de presse et porte-parole de la France à l’ONU Brieuc Pont par contre, «  la MUNUSCO a besoin des moyens supplémentaires, notamment les drones de surveillance pour avoir toutes les informations et agir dans le temps » a annoncé ce diplomate sur Twitter.
Un oui conditionnel de Kampala  
Le gouvernement ougandais, qui a été également accusé de soutenir les rebelles du M23, et qui accueille les pourparlers entre les autorités congolaises et les rebelles pour chercher un règlement pacifique de ce conflit, a apporté un « soutien prudent » au déploiement des drones.
« Les drones peuvent être utilisés à deux fins: récolter des informations ou engager le combat, si un drone est utilisé à des fins de renseignements mais qu’il respecte la souveraineté (d’un Etat NDLR), c’est d’accord » déclare le ministre de la Défense ougandais Crispus Kiyonga au cours d’une conférence de presse à Kampala vendredi le 11, rapporte Reuters.
En effet, contrairement aux drones de combat utilisés notamment par l’OTAN en Afghanistan, les drones qui vont être déployés en RDC ne seront pas munies d’armes, leur mission sera la surveillance et le recueillement des informations.      
Jean Mitari
Jambonews.net

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