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Rwanda : « les libertés toujours restreintes », HRW

Rwanda : « les libertés toujours restreintes », HRW

Dans un rapport publié ce 1er février 2013, Human Rights Watch a évalué la progression des droits de l’Homme  en 2012 dans plus de 90 pays, dont le Rwanda. Selon l’organisation, « le Rwanda a réalisé d’importants progrès économiques ainsi qu’en matière de développement, mais le gouvernement a continué à imposer des restrictions sévères sur la liberté d’expression et d’association. »
« Les partis d’opposition sont dans l’incapacité de fonctionner. Deux dirigeants de l’opposition sont toujours en prison, et d’autres membres de leurs partis ont été menacés. Deux journalistes arrêtées en 2010 demeurent également en prison, et plusieurs autres ont été arrêtés. Les lois relatives à l’« idéologie du génocide » et aux médias ont été révisées, mais n’avaient pas encore été adoptées au moment de la rédaction de ce rapport », a dénoncé HRW dans son rapport.
Menaces et actes d’intimidation d’opposants politiques
Selon HRW, des membres du PS-Imberakuri ont été victimes de menaces et d’actes d’intimidation, et ont été interrogés par la police au sujet de leurs activités politiques. C’est ainsi que le 5 septembre 2012, « Alexis Bakunzibake, vice-président du parti, a été enlevé dans la capitale, Kigali, par des hommes armés qui lui ont bandé les yeux et l’ont placé en détention jusqu’au lendemain dans un endroit qu’il n’a pas pu identifier. Ses ravisseurs l’ont interrogé à propos des activités du PS-Imberakuri, de ses adhérents et de son financement, et au sujet de ses liens présumés avec d’autres groupes d’opposition. Ils ont essayé de le convaincre d’abandonner ses activités au sein du parti, puis l’ont conduit vers une destination inconnue avant de l’abandonner de l’autre côté de la frontière, en Ouganda».
HRW a, dans son rapport également fait part de l’arrestation en septembre de huit membres des FDU-Inkingi à Kibuye. Ces derniers  ont été accusés de tenir des réunions illégales et ont été inculpés d’incitation à l’insurrection ou de troubles à l’ordre public et placés en détention préventive. « Toujours en septembre, Sylvain Sibomana, secrétaire général des FDU-Inkingi et Martin Ntavuka, le représentant des FDU-Inkingi à Kigali, ont passé la nuit en détention policière près de Gitarama après avoir exprimé des commentaires critiques sur les politiques gouvernementales au cours d’une conversation informelle dans un bus. Ils ont été libérés sans inculpation.», a encore rapporté HRW.
HRW a également rapporté le fait que le parti vert démocratique du Rwanda qui avait fui le pays en 2010 après l’assassinat du vice-président du parti,  ait  dû reporter son congrès prévu pour novembre parce que le gouvernement n’a pas accordé l’autorisation nécessaire.
Atteinte à la liberté d’expression
HRW a également rapporté les cas des journalistes qui continuent d’être pris pour cible en raison d’articles perçus comme critiques envers le gouvernement.
Ainsi, « Epaphrodite Habarugira, un présentateur de Radio Huguka, a été arrêté et accusé d’idéologie du génocide après avoir apparemment par mégarde, au cours d’un journal d’informations, confondu des termes en se référant aux rescapés du génocide. Il a passé trois mois en prison avant d’être acquitté en juillet. Le procureur de la République a fait appel de son acquittement ».
« Idriss Gasana Byiringiro, reporter au journal The Chronicles, a été enlevé le 15 juin, interrogé à propos de son travail et de son journal, et libéré le lendemain. Au cours des jours suivants, il a reçu des menaces anonymes, le sommant de renoncer au journalisme. Il a signalé son enlèvement et les menaces à la police. Le 17 juillet, la police l’a arrêté. Deux jours plus tard, il a été présenté lors d’une conférence de presse où il est revenu sur ses déclarations antérieures et a affirmé qu’il avait feint son propre enlèvement. Les premières informations indiquent qu’il a peut-être été contraint de faire cet « aveu ». Il a été libéré sous caution et, au moment de la rédaction de ce rapport, il était toujours en attente de son procès pour avoir soi-disant fait une fausse déclaration à la police ».
HRW a également rapporté le cas de  Tuyishime Annonciata, un journaliste de Flash FM, qui en juin 2012 a été « battue jusqu’à perdre connaissance par des personnels de police et de la sécurité devant le Parlement, après que ceux-ci l’aient accusé d’avoir tenté de s’introduire dans une session d’une commission parlementaire sans autorisation ».
« Charles Ingabire (http://jambonews.net/actualites/20111216-rwanda-charles-ingabire/), rédacteur en chef du journal en ligne Inyenyeri News et un critique virulent du gouvernement, a été abattu dans la capitale ougandaise, Kampala, le 30 novembre 2011. Il avait reçu des menaces dans les mois qui ont précédé sa mort. La police ougandaise a déclaré qu’elle enquêtait sur l’affaire, mais personne n’a été poursuivi pour le meurtre d’Ingabire. »
« En août, Stanley Gatera, rédacteur en chef du journal Umusingi, a été arrêté et accusé de discrimination et de sectarisme en lien avec un article d’opinion publié dans son journal à propos de la stabilité conjugale et des problèmes posés, d’après l’auteur, par l’attrait supposé des femmes tutsies. Il a été condamné à un an de prison en novembre. »
« Détention illégale et torture »
Des cas de détentions illégales et tortures ont également été recensés en 2012. A titre d’exemple, « le frère du général Kayumba Nyamwasa, le lieutenant-colonel Rugigana Ngabo, qui a été arrêté en 2010 et détenu au secret dans une prison militaire pendant cinq mois, a été jugé par un tribunal militaire à huis clos et condamné en juillet à neuf ans d’emprisonnement pour atteinte à la sûreté de l’État et incitation à la violence. En réponse à une demande d’habeas corpus faite par sa sœur en 2010, la Cour de justice de l’Afrique de l’Est (East African Court of Justice, EACJ) a statué en décembre 2011 que la détention au secret sans jugement de Ngabo avait été illégale. Le gouvernement rwandais a fait appel de cette décision, mais elle a été confirmée par la division d’appel de l’EACJ en juin ».
Lire l’intégralité du rapport
Laure Uwase
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