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Rwanda: Procès Ingabire: Des témoins affirment que leurs témoignages ont été falsifiés

Rwanda: Procès Ingabire: Des témoins affirment que leurs témoignages ont été falsifiés

Quatre témoins de l’accusation ont ce 29 avril déclaré à la Cour suprême du Rwanda que leurs témoignages ont été falsifiés et que le parti politique de Victoire Ingabire FDU-Inkingi n’a jamais eu l’intention de former une “coalition des forces démocratiques (CDF), aile militaire”.  Cette déclaration survient après leurs témoignages contre la dirigeante de l’opposition Victoire Ingabire Umuhoza à la Haute Cour du Rwanda, l’année dernière.

Victoire Ingabire et son avocat

Victoire Ingabire et son avocat


Quelques jours après le procès en appel de Ingabire, des anciens membres du FDLR et co-accusés, notamment, les Lieutenant-colonel Tharcisse Nditurende et Noël Habiyaremye, le Capitaine Jean Marie Vianney Karuta ainsi que le Major Vital Uwumuremyi ont déclaré à la Cour suprême qu’ils « n’ont jamais été membres d’une telle organisation [CDF], car celle-ci n’avait jamais existé », nous rapporte le communiqué de presse publié ce 29 avril par Twagirimana Boniface, vice-président des FDU-Inkingi.
Le Lieutenant-colonel Nditurende a admis avoir contacté Ingabire pour « un soutien financier », mais, a dit que celle-ci « n’a jamais répondu positivement ». En ce qui concerne la preuve d’échanges mails  fournie par l’accusation, e-mails dans lesquels lui et Ingabire parlent de la CDF, Nditurende a révélé à la Cour Suprême que le ministère de la Justice » l’a force « à révéler le mot de passe de son compte e-mail lors de sa détention, et a de ce fait obtenu « un accès libre » lui permettant de modifier ses messages.
Dans le procès en première instance, les quatre témoins ont plaidé coupable pour conspiration avec Victoire Ingabire dans le but de former le groupe armé CDF et ont affirmé que son objectif était de « provoquer l’insécurité au Rwanda et forcer le gouvernement à des pourparlers de paix en faisant la guerre ». Tous les quatre ont reçu des peines « clémentes » pour avoir coopéré avec la Cour : Vital Uwumuremyi a été condamné à 4 ans et 6 mois, Tharcisse Nditurende et Noël Habiyaremye à 3 ans et 6 mois, et Jean Marie Vianney Karuta à 2 ans et 7 mois.
Détention controversée
En mars 2013, l’organisation des droits de l’Homme, Amnesty International a publié son rapport « La justice mise à mal: Le procès en première instance de Victoire Ingabire » dans lequelle elle a exprimé ses préoccupations au sujet de « la détention secrète et prolongée » des co-accusés d’Ingabire, affirmant qu’ils avaient « des allégations documentées du recours à la torture pour contraindre des confessions » dans le camp de detention Kami où Nditurende et Habiyaremye étaient détenus avant de comparaître devant le tribunal. Un témoin de la défense a également déclaré que lui et Uwamuremyi étaient détenus en même temps au Camp Kami et que  »les accusations liées au terrorisme contre Victoire Ingabire ont été fabriquées sous la contrainte de la sécurité de l’Etat ».
Le 25 mars de cette année, Victoire Ingabire a commencé son procès en appel après avoir été condamnée le 30 octobre 2012 à 8 ans de prison pour « idéologie du génocide » et « conspiration contre le gouvernement par l’usage de la guerre et du terrorisme ». Dans sa déclaration de culpabilité, la Haute cour s’est fondée fortement sur les aveux des quatre témoins.
Version originale en anglais par Jane Nishimwe
Traduit par Arlette Ngoboka
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