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Quand le gouvernement et son armée s’activent

Quand le gouvernement et son armée s’activent

Le mercredi 17 juillet, les forces gouvernementales congolaises ont défait les rebelles du M23 à Mutaho, localité située à une dizaine de kilomètres au Nord-Est de Goma. Ce succès aurait, selon le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende, occasionné quelques 120 morts du côté des rebelles du Mouvement du 23 Mars et une dizaine d’entre eux aurait été capturés[1]. Depuis, les forces congolaises ont intensifiés les bombardements sur les positions adverses sur les collines avoisinant Kanyarucinya et Kibati.
RDC-EAST-CONGOLe gouvernement, grand gagnant ?
Si ces quelques avancées sur le terrain sont encourageantes et peuvent susciter  l’optimisme des populations, il n’en demeure pas moins que le chemin vers la stabilisation de la région est encore long. Par contre, ces premiers progrès notables viennent à point nommé pour le gouvernement, qui, peu à peu se construit une position de force et de leadership. Souvent décrié pour son discours de façade et son inaction, il semblerait qu’il puisse tirer profit de la situation actuelle et se taille la part du lion.
D’un point de vue national, les autorités s’activent et font office de bons élèves aux yeux de la communauté internationale en s’employant à mettre en œuvre un mécanisme national de suivi, une nouvelle commission électorale et en lançant des consultations nationales. Chose que n’ont pas manqué de souligner le Ministre des Affaires étrangères belge Didier Reynders et  l’Envoyée spéciale des Nations Unies pour les Grands Lacs, Mary Robinson lors de leur entretien[2].
Au regard diplomatique, on assiste à l’inversion de la tendance. Le Rwanda qui jusqu’ici avait rejeté avec une certaine désinvolture toutes les accusations à son encontre, se trouve aujourd’hui à pointer du doigt les forces onusiennes et congolaises, les accusant de collusion avec les FDLR et d’avoir délibérément bombardé les deux villages rwandais de Kageshi et Gasiza. Griefs auxquels, Lambert Mende, s’est empressé de répondre avec une verve quelque peu revancharde arguant que le Rwanda  « tente toujours de justifier l’injustifiable lorsqu’il se rend compte de la montée en puissance de notre armée congolaise »[3].
Le chemin est encore très long
Cependant, si la conjoncture actuelle semble être favorable au gouvernement, toujours est-il que les attentes restent immenses et que les résultats à long terme primeront.
En effet, sur le terrain, la situation reste précaire et l’instabilité vient de toute part, à l’instar des nouvelles incursions des rebelles ougandais de l’ADF Nalu à Kamongi et Kikingi. Celles-ci ont causé la mort de dix civiles et quatre enlèvements. De plus, les récentes déclarations de Julien Paluku, gouverneur de la province du Nord-Kivu, ne viennent en rien rassurer sur la suite des opérations dans la région. Selon lui, des rebelles islamistes Shebab auraient fait leur entrée en scène auprès des autres groupes armés dans l’imbroglio armé qu’est devenue la région du Kivu.
De plus, l’armée congolaise a été une nouvelle fois ternie aux yeux de la communauté internationale par des images montrant des soldats profaner des cadavres des éléments du M23. Le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-Moon, a immédiatement condamné ces actes et appelé à des sanctions de la part de la justice congolaise[4]. D’autant plus que ces évènements ont eu pour conséquence, le réexamen de la part de la MONUSCO de son soutien envers les unités de la FARDC soupçonnées.
Enfin, au niveau national, la conduite et l’issue des concertations nationales auront aussi un impact pour le gouvernement. Même s’l ne semble pas s’inquiéter du rejet des modalités d’organisation de l’initiative par l’opposition, à terme,, la confiance déjà très fragile envers les institutions et la légitimité de l’initiative de dialogue national voire même de l’Etat, pourrait de nouveau être mise à mal.
Michael Mutombo

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