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Belgique: Un médecin rwandais porte plainte contre la société de presse Sud Presse

Belgique: Un médecin rwandais porte plainte contre la société de presse Sud Presse

Suite à l’article paru dans La Meuse ce mardi 8 octobre intitulé « Recherché par toutes les polices du monde, le médecin génocidaire exerce chez nous », (couverture) le docteur Eugène Rwamucyo vient de porter plainte pour « diffamation » et « atteinte à la vie privée ».

Source: lameuse.be

Source: lameuse.be


« Un génocidaire vit à Anderlues (Charleroi, NDRL) » a ainsi  intitulé un de ses articles consacré au médecin d’origine rwandaise Eugène Rwamucyo, le quotidien La Meuse du groupe Sud Presse dans leur édition de mardi 8 octobre 2013.
Le médecin a été récemment mis en examen pour « participation à une entente en vue de commettre le crime de génocide » par deux magistrats parisiens enquêtant sur son implication dans le génocide de 1994.
Les juges d’instruction Claude Choquet et David De Pas, du pôle crimes contre l’humanité du tribunal de grande instance (TGI) de Paris, l’ont cependant placé  sous le statut de témoin assisté concernant les crimes de « génocide et complicité ».
Selon l’article 113-1 du Code de procédure pénal français, « toute personne nommément visée par un réquisitoire introductif ou par un réquisitoire supplétif et qui n’est pas mise en examen ne peut être entendue que comme témoin assisté. ».
En 2007, il a par ailleurs été condamné par contumace à perpétuité au Rwanda. Kigali avait émis un mandat d’arrêt international à son encontre. Interpellé en mai 2010 à Sannois dans la région parisienne, sa remise en liberté a  finalement été ordonnée par la Cour d’appel de Versailles qui s’est opposée à son extradition.
Une violation de son droit à la présomption d’innocence, selon Rwamucyo
Lors d’un entretien que Jambonews a eu avec le docteur Rwamucyo ce mercredi  9 octobre, le médecin a déclaré avoir porté plainte contre Sud Presse. Il estime que le « taxer de « médecin génocidaire » » c’est violer son « droit à la présomption d’innocence ».
Concernant sa condamnation par contumace à la prison à perpétuité au Rwanda, le médecin a souligné que la Cour d’appel de Versailles a demandé à la justice rwandaise des explications sur ce dossier il y a des années, mais que jusqu’à maintenant, le Rwanda n’a transmis aucune réponse.
Quant à  l’article de La Meuse, le médecin a confié « qu’il n’a pas à répondre aux méchancetés pures et dures des journalistes qui cherchent à désinformer au lieu d’informer, et qui mentent »   en ajoutant,  « Comment peuvent-ils dire que je suis recherché par toutes les polices du monde, alors que je réponds au téléphone quand ils m’appellent ? »
 Une nouvelle plainte à l’encontre d’un média belge
Ce n’est pas la première fois qu’une plainte est déposée contre un media belge suite à la violation des règles déontologiques.
Le 03 septembre 2008, la RTBF (Radio Télévision Belge Francophone) diffusait une émission intitulée « Les génocidaires rwandais sont-ils parmi nous ? ». Dans ce reportage dont l’essentiel des images ont été prises au Rwanda et en Belgique, la journaliste Marianne Klaric soutenait que « les génocidaires vivent en Belgique sans avoir été inquiétés par la Justice » . « Idéologues, planificateurs, exécutants, 14 ans après le génocide, les tueurs continuent à harceler les rescapés » avait déclaré la journaliste dans son émission, violant ainsi le droit à la présomption d’innocence de plusieurs personnes citées dans l’émission.
Suite à cet épisode, une des personnes concernées, le Pasteur Joseph Nsanzurwimo, a porté plainte contre la télévision et sa journaliste. La télévision publique (RTBF) et la journaliste Marianne Klaric ont été condamnées par la 14ème chambre du tribunal de première instance de Bruxelles, pour avoir porté atteinte à la réputation du Pasteur Joseph Nsanzurwimo. En plus des dommages et intérêts, la chaine a été contrainte à lire un communiqué.
Un autre cas concernait le quotidien Le Soir et un article dont le titre semblait accuser toute une communauté de faits imputables à certains de ses membres : « Sud-Kivu : les Hutus tuent 7 femmes ». Le Conseil de Déontologie Journalistique a toutefois nuancé en estimant que le quotidien a manqué de prudence en généralisant ainsi dans le titre de l’article et en rappelant que lorsqu’il s’agit « de thèmes sensibles et de communautés en conflit ouvert, il y a lieu d’être particulièrement attentif. ».
Jean Mitari
Jambonews.net

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