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Desmond Tutu : En voulant quitter la CPI, certains pays africains cherchent "un permis de tuer"

Desmond Tutu : En voulant quitter la CPI, certains pays africains cherchent "un permis de tuer"

Alors qu’un sommet extraordinaire des chefs d’Etat africains s’est ouvert ce samedi 12 octobre au siège de l’Union africaine à Addis-Abeba pour discuter des relations des pays africains avec la Cour Pénale Internationale (CPI),  le célèbre évêque sud africain Desmond Tutu s’en prend aux dirigeants du continent. D’après lui, certains pays africains cherchent « un permis de tuer » en voulant quitter la CPI.
 Tutu_jn« Les dirigeants réclamant un retrait de la CPI, « cherchent en réalité un permis de tuer, de mutiler et d’oppresser leurs peuples sans conséquences » a déclaré ce vendredi 11 octobre 2013 au Cap, le pasteur sud-africain Desmond Tutu, rapporte l’AFP.
Le Prix Nobel de la Paix (1984) s’en prend sans réserve aux chefs d’Etat du continent noir, « loin d’être ce que certains appellent une chasse aux sorcières initiée par l’homme blanc, la CPI ne pourrait pas être plus africaine, même si elle le voulait » affirme le pasteur sud africain, et lance un appel à certains leaders africains à s’opposer à leurs homologues « les moins démocratiques » afin qu’ils ne quittent pas la CPI. Le pasteur connu pour son combat anti apartheid,  rappelle que l’Afrique avait participé à la création de la CPI, en engageant des procédures et en fournissant du personnel.
Desmond Tutu  rejette ce qu’il appelle « une carte raciale et la carte coloniale » que certains dirigeants africains pourraient avancer dans leurs discours pour justifier le retrait de la CPI, et soutient que le combat de la CPI « loin d’être un affrontement entre l’Afrique et l’Occident, c’est un affrontement entre Africains, pour l’âme du continent », estime le pasteur anglican, le premier Sud-Africain noir nommé doyen du diocèse de Johannesburg.
Kagame-Desmond: deux points de vue
Bien que le Rwanda n’ait ni signé, ni ratifié le statut de Rome prévoyant la création de la Cour Pénale Internationale, dans son discours à la tribune des Nations Unies  il y’a quelques semaines,  Paul Kagame s’est porté en défenseur des Africains, victimes de la cour de La Haye. « La CPI a fait preuve de préjugés à l’égard des Africains. Au lieu de promouvoir la justice et la paix, elle a négligé les efforts de réconciliation en humiliant les Africains et leurs leaders pour servir les intérêts politiques des puissants ». 
 
Le pasteur Tutu, défenseur acharné et inlassable en faveur de l’égalité ne voit pas les choses de la même façon. Selon lui,  « L’Afrique souffre des conséquences des actes de dirigeants irresponsables. (…) Les dirigeants violents continuent d’infester l’Afrique: les Grands Lacs, le Mali, le nord du Nigeria et l’Egypte sont tous des sources d’inquiétude », estime Desmond Tutu qui met en garde : « Sans cette Cour, il n’y aurait aucun frein aux pires excès ». Le pasteur appelle à signer une pétition en ligne initiée par le groupe activiste Avaaz, en rappelant que « les auteurs de violences ne doivent pas être autorisés à s’en sortir par une pirouette ».
Cas du Kenya
Selon les dernières nouvelles venant d’Addis-Abeba, les chefs d’États de l’Union africaine  vont saisir le Conseil de sécurité des Nations Unies pour demander le gel des travaux de la CPI pendant au moins douze mois, pour laisser le temps au Kenya de se doter d’une justice conforme aux standards internationaux et donc de demander à juger eux mêmes leur Vice Président William Ruto et le Président Uhuru Kenyatta, élus en mars et poursuivis depuis 2011 pour crimes contre l’humanité. Dans ce cas, la cour de La Haye ne serait compétente qu’en dernier recours.
 
Jean Mitari
Jambonews.net

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