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L'eau au Rwanda: Un enjeu majeur pour le développement du pays

L'eau au Rwanda: Un enjeu majeur pour le développement du pays

« Le Rwanda, dont je suis ressortissante, reste un pays déficient en eau et les problèmes d’adduction d’eau que connaissent d’autres pays  en développement sont aussi valables pour le Rwanda ». Les conclusions que la chercheuse  Uwera Claudine, fait dans sa thèse sur l’eau au Rwanda sont inquiétantes. Selon les résultats de ses enquêtes seulement 3,4% de la population ont accès à l’eau douce courante, venant d’un robinet à la maison. Une grande partie, 32%, a quand même accès à un robinet dans leur proche environnement.

source : orinfor.gov.rw

source : orinfor.gov.rw


Selon l’UNESCO environ 800 millions de personnes, soit environ 11% de la population mondiale, n’ont pas accès à l’eau potable. Les pays de l’Afrique subsaharienne et de l’Océanie surtout souffrent de pénuries d’eau propre ou n’ont simplement pas accès à  l’eau dans leur proche environnement. Ceci pose un grand problème au développement des pays les plus pauvres. En effet, dans ces pays, l’agriculture, qui est fortement dépendante d’une bonne irrigation, représente toujours la source primaire de revenus pour la population. D’autre part l’eau est aussi un bien de consommation indispensable. D’après l’UNESCO environ 6 millions de personnes meurent chaque année à cause de la consommation d’eau non assainie. 6000 enfants meurent par jour à cause des maladies comme la dysenterie, la diarrhée, le choléra, la typhoïde, les vers intestinaux ou par des infections gastro-intestinales diverses, causées par la consommation d’eau sale. D’ailleurs l’UNESCO qualifie le problème d’eau comme un des enjeux majeurs de cette décennie, même du siècle.
Cas du Rwanda
Étant au courant de ces enjeux, Claudine Uwera, titulaire d’un doctorat en économie environnementale de l’université de Gothenburg, en Suède et originaire du Rwanda, a étudié de plus près la situation au Rwanda. C. Uwera affirme dans une interview menée par le site SciDevNet: « La rareté de plus en plus croissante des ressources en eau est une réalité dans de nombreuses parties du monde, particulièrement dans les pays en développement » et elle ajoute, « Le Rwanda, dont je suis ressortissante, reste un pays déficient en eau et les problèmes d’adduction que connaissent d’autres pays  développement sont aussi valables pour le Rwanda ». Les conclusions que la chercheuse fait dans sa thèse sur l’eau au Rwanda sont inquiétantes. Selon les résultats de ses enquêtes (études), seulement 3,4% de la population ont accès à l’eau douce courante, venant d’un robinet à la maison. Une grande partie, 32%, a quand même accès à un robinet dans leur proche environnement (dans leur cours ou chez des voisins)..
Elle constate aussi que le problème de l’eau est dû à une infrastructure défaillante et mal gérée. Le Rwanda connaît au niveau de l’énergie et l’eau des problèmes similaires. Le pays se trouve devant l’obligation d’investir des sommes assez importantes pour non seulement élargir son réseau de tuyaux, afin de pouvoir fournir de l’eau à la majorité de la population, mais aussi pour pouvoir garantir une maintenance adéquate de ce réseau. Pendant les recherches que C. Uwera a mené pour sa thèse, elle a pu constater qu’environ 15% de l’eau au Rwanda est perdue, à cause des problèmes techniques ou de gestion, comme des tuyaux endommagés ou la maintenance aléatoire. Les habitants du Rwanda sont, alors, pour la plupart, obligés de trouver des moyens alternatifs pour se procurer en eau, ce qui se traduit souvent par des longues marches vers des sources naturelles, non contrôlées et potentiellement contaminées. Au Rwanda l’eau propre est aussi vendue par m³, en échange de monnaie on peut faire remplir un bidon.
Enjeu majeur, mais coûteux
Malgré les déficits qui existent au Rwanda au niveau de l’adduction d’eau et de l’assainissement de l’eau, on constate que le pays a investi beaucoup dans ces problèmes, dans les deux dernières décennies. Depuis 1990, le Rwanda a pu améliorer considérablement sa situation sanitaire de l’eau et a réussi à faciliter l’accès à l’eau pour 54% de la population, selon les chiffres de WSP (Water Sanitation Program, Programme pour l’assainissement de l’eau). D’autre part l’État investit fortement dans ce secteur, dans le cadre de son programme de développement, EDPRS (programme Stratégique pour le développement économique et la réduction de la pauvreté). L’eau est une constituante importante de l’agenda de Vision 2020, projet similaire au buts du millénaire de l’ONU, que le gouvernement envisage de réaliser pour le Rwanda. En outre la Banque Mondiale, le WSP et l’ONU investissent dans l’eau au Rwanda pour aider au développement du pays. Grâce à ces divers programmes, la situation de l’eau au Rwanda est en train de devenir meilleure. Le secteur privé s’engage aussi dans l’eau. Plusieurs partenariats public-privé essayent non seulement de rendre l’adduction en eau plus performante et efficace, mais ils cherchent aussi à gagner de l’argent, ce qui aide à l’économie Rwandaise et rend le secteur de l’énergie attractif aux investissements privés.
On constate que le Rwanda a encore beaucoup d’obstacles à franchir en ce qui concerne la question de l’eau au pays. Il reste à voir si le gouvernement et les diverses organisations internationales seront aptes à surmonter les problèmes existants. En fait un bilan mené par le WSP montre que le Rwanda devra investir 27 millions de dollars par an pour pouvoir arriver à leurs buts inscrits dans Vision 2020. Même avec toutes les aides que l’État reçoit, la somme reste considérable. D’autre part il faut constater que le gouvernement Rwandais et l’organisation WSP ont des définitions un peu ambigües de l’accès à l’eau. SciDevNet a mené une interview avec James Sano, directeur adjoint chargé de la distribution de l’eau et de l’assainissement à l’Autorité de l’énergie et de l’eau du Rwanda, où il affirme: « [En Europe], quand on dit que quelqu’un a accès à l’eau, ça veut dire qu’il a de l’eau courante dans son domicile. Ici au Rwanda, la distance est plutôt le facteur essentiel, de sorte que si quelqu’un est situé à une certaine distance d’un point d’eau, on dit qu’il a accès à l’eau. » Ceci veut dire que dans les milieux urbains on est considéré comme ayant accès à l’eau quand on habite à 200 mètres de la prochaine source d’eau, dans le milieu rural cette distance est de 500 mètres. On espère que dans le futur, le financement des projets du gouvernement Rwandais restera assuré et qu’on ne baissera pas d’avantage ses standards pour seulement satisfaire aux statistiques.
 
Blaise Linaniye
Jambonews.net
 
http://www.efdinitiative.org/news/archive/unsafe-water-rwanda-dissertation-claudine-uwera
https://gupea.ub.gu.se/bitstream/2077/33419/2/gupea_2077_33419_2.pdf
http://www.wsp.org/sites/wsp.org/files/publications/CSO-rwanda.pdf
http://www.wsp.org/sites/wsp.org/files/publications/wsp-rwanda-sanitation-lessons.pdf
 
 
 

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