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Rwanda: HRW demande aux autorités de relancer l’enquête sur le meurtre d’un militant anticorruption

Rwanda: HRW demande aux autorités de relancer l’enquête sur le meurtre d’un militant anticorruption

Gustave Makonene, coordinateur du Centre de plaidoyer et de consultation juridique de Transparency International Rwanda à Rubavu (Nord-ouest), fut assassiné  entre le 17 et 18 juillet 2013. L’enquête menée depuis lors pour débusquer les responsables de cet assassinat reste au point mort. Human Rights Watch (HRW) s’inquiète non seulement de l’enlisement de cette enquête, mais aussi du silence qui entoure ce crime, surtout dans un pays où la corruption est un sujet sensible.

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Gustave Makonene


Le corps de Gustave Makonene a été découvert dans la matinée du 18 juillet tout près d’une route longeant ​​la rive du lac Kivu. Il a été vu pour la dernière fois quittant son bureau dans la soirée du 17 juillet 2013. Un rapport médical de la police indique qu’il a été étranglé. HRW annonce dans un article publié ce 22 janvier que, dans le cadre de son travail pour Transparency International, Makonene avait traité des allégations de corruption, dans lesquelles auraient été impliqués des membres de la police rwandaise.
Quelques jours après la découverte du corps de Makonene, quatre personnes ont été arrêtées dans le cadre de l’enquête, mais elles ont été libérées un mois plus tard pour manque de preuves. « Depuis lors, les enquêtes menées par la police et par le parquet semblent être au point mort » a déclaré HRW. Cette organisation a annoncé avoir appris au cours de ses propres enquêtes qu’un homme en civil, qui s’est présenté comme un employé de la compagnie nationale des services publics, mais qui plus tard a été identifié comme un agent de police, est venu à trois reprises au bureau de Transparency International Rwanda à Rubavu avant le meurtre de Makonene, notamment deux jours avant son assassinat.
La police surveillait-elle de près l’enquête pour corruption que Makonene menait à son encontre ? Makonene aurait-il été réduit au silence pour l’empêcher de divulguer ce qu’il avait découvert ? C’est toute une série de questions qui reviennent suite à l’assassinat de ce militant anticorruption.
« La corruption est un sujet sensible au Rwanda, (…) le meurtre de Makonene aurait dû être un signal d’alarme. Au lieu de cela, un silence troublant s’en est suivi », a fait savoir Daniel  Bekele, directeur de la division Afrique à Human Rights Watch. Pour HRW, cette faible attention du public qui entoure le meurtre d’un militant anticorruption est due à la faiblesse (voir l’inexistence) des medias indépendants au Rwanda, mais aussi, à de nombreuses années d’intimidation, de menaces et d’infiltration par le gouvernement. En effet, il n’existe que trop peu d’organisations non gouvernementales au Rwanda capables de mener des enquêtes détaillées ou de publier des rapports sur des questions politiquement sensibles comme la violation des droits de l’homme et la corruption commis par des agents du gouvernement. « La plupart des journalistes rwandais évitent également d’enquêter ou de rendre compte des affaires sensibles », souligne HRW.
Jean Mitari
Jambonews.net

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