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Rwanda :HRW revient sur les violations de droits de l’homme

Rwanda :HRW revient sur les violations de droits de l’homme

Dans son rapport annuel édition 2015 sur la violation des droits de l’homme au monde qui vient d’être publié, Human Rights Watch a une fois de plus épinglé le Rwanda pour ses graves violations des droits de l’homme. HRW insiste surtout sur les détentions illégales et souvent dans les endroits secrets, des nombreuses disparitions et les attaques contre les opposants au régime, à l’intérieur et à l’extérieur du pays.

Victoire Ingabire, présidente des FDU-Inkingi, opposante politique condamnée à 15ans de prison.

Victoire Ingabire, présidente des FDU-Inkingi, opposante politique condamnée à 15ans de prison.

Espace Politique verrouillé

Au Rwanda, le régime impose « de sévères restrictions aux libertés d’expression et d’association et ne tolère aucune voix dissidente » déclare HRW qui dénonce l’omniprésence du parti au pouvoir, le Front patriotique rwandais (FPR), qui domine tous les aspects de la vie politique et publique du pays. Ainsi, l’excessive limitation de l’espace politique, de la société civile et des médias indépendants, laisse le champ libre au FPR qui fait office de parti unique.
Les organisations de la société civile indépendantes ont été systématiquement anéanties suite aux actes d’intimidation et d’infiltration par l’État pendant des années. C’est dans ce cadre que la Ligue rwandaise pour la promotion et la défense des droits de l’homme (LIPRODHOR), seule organisation indépendante et efficace de défense des droits humains qui résistait encore au Rwanda, a vu en 2013 le contrôle de ses instances dirigeantes pris par des individus proches du gouvernement.
Le HRW annonce dans son rapport qu’en juin dernier, le ministère de la justice l’a accusé de soutenir la rébellion de Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), surement pour discréditer cette organisation internationale.
Le 24 octobre dernier, les émissions de la BBC en kinyarwanda ont été suspendues par l’Autorité rwandaise de régulation des services publics (Rwanda Utilities Regulatory Authority, RURA) suite à diffusion du documentaire intitulé « Rwanda’s Untold Story » (« L’histoire méconnue du Rwanda »), qui accuse l’homme fort du Rwanda Paul Kagame, d’avoir joué un rôle dans le déclenchement et le déroulement du génocide de 1994. BBC était la seule radio qui se permettait une marge de critique dans le pays.

Répression toujours plus féroce envers les opposants

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Une répression de plus en plus grandissante contre les opposants au régime à l’intérieur et à l’extérieur du pays est de nouveau mise en exergue par le HRW. L’organisation revient notamment sur l’emprisonnement et la condamnation à quinze ans de prison contre l’opposante Victoire Ingabire, présidente du parti d’opposition FDU-Inkingi en décembre 2013, et l’emprisonnement de plusieurs autres membres de son parti, dont son secrétaire général Sylvain Sibomana. HRW évoque aussi le cas de l’opposant Bernard Ntaganda, président du parti PS-Imberakuri, libéré en juin dernier après avoir purgé une peine de quatre ans en prison. HRW rappelle d’autre part que jusqu’à maintenant, aucune arrestation n’a été effectuée en ce qui concerne le meurtre par décapitation du vice-président du parti vert, André Kagwa Rwisereka, en juillet 2010 en pleine période électorale.

Détentions illégales et disparitions forcées

« Des personnes ont été détenues illégalement pendant plusieurs semaines, voire des mois, par la police ou par l’armée, dans des centres de détention non officiels. Des dizaines de personnes ont été portées disparues. Certaines ont par la suite réapparu en prison après une longue période de détention au secret, mais on est toujours sans nouvelles d’autres » déplore HRW.
Le camp militaire de Kami est de nouveau pointé du doigt comme l’un des lieux de détention secrète et de torture, les gens y sont gardés des semaines voire des mois selon HRW. « Certaines de ces personnes ont été torturées et ont subi des pressions pour qu’elles avouent de prétendus crimes ou pour qu’elles dénoncent d’autres personnes » relate HRW.
Selon HRW, un centre de détention non-reconnu communément appelé Kwa Kabuga, érigé dans le quartier de Gikondo au centre de Kigali, abriterait des centaines d’hommes, de femmes et d’enfants dont beaucoup d’enfants des rues, des prostitués ou de vendeurs de rue qui y sont détenus illégalement, sans procès et sans chef d’accusation, dans des conditions déplorables.
L’organisation revient en autre sur une recrudescente des disparitions ces dernières années au Rwanda, dont un grand nombre dans le nord-ouest du pays. « Certaines ont été arrêtées par des agents de l’État et emmenées vers des destinations inconnues » annonce l’organisation. Face à l’ampleur de ces disparitions forcées, « le gouvernement américain s’est dit préoccupé » dans un communiqué de presse publié en juin dernier.
Jean Mitari
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