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Rwanda : Barafinda Sekikubo Fred monte au créneau

Rwanda : Barafinda Sekikubo Fred monte au créneau

Devenu célèbre depuis qu’il s’est rendu à la commission électorale (NEC) afin de déposer sa candidature pour les élections présidentielles d’août 2017, Barafinda Sekikubo Fred est connu comme celui qui a voulu affronter l’homme fort de Kigali, le général Paul Kagame à l’échéance électorale de 2017. Dans une interview accordée récemment à un media en ligne ITYAZO Tv, Barafinda revient sur son parti politique qui n’est pas toujours enregistré, sa séquestration par les services de sécurité et le problème épineux de la taxe sur les terres, un des axes majeurs de son programme politique.

Barafinda Sekikubo Fred, figure connue du grand public au Rwanda pour avoir voulu briguer la magistrature suprême en 2017, refait surface sur la scène publique après des mois d’absence. L’homme est connu pour ses goûts vestimentaires, costumes et cravates trop longs, et surtout pour sa mallette imposante toujours accrochée à son poignet. Cette mallette est rempliée de papiers dont un manifeste de 200 points, dessinant les contours du programme politique de son parti RUDA, selon ses dires.

Personnalité controversée à causes de ses déclarations souvent amusantes, voire même insensées, parfois présenté comme un fou, l’homme s’est vu propulsé devant les projecteurs quelques mois avant les élections présidentielles d’août 2017. Dans l’attente d’un scrutin sans suspens, qui ne suscitait pas un engouement au sein de la population rwandaise, l’homme est passé au bout de quelques jours de l’anonymat à la personnalité publique au centre de toutes les attentions dans les médias du pays. Sa candidature fut néanmoins rejetée en même temps que celle de Diane Rwigara, une autre personnalité devenue au bout de quelques mois, une des plus virulentes dissidentes du régime en place, après l’assassinat de son père par le régime en place.

Dans sa récente interview, Barafinda explique comment il a été kidnappé à cinq reprises par les services de sécurité, puis gardé enchaîné aux pieds et aux mains dans un endroit connu sous le nom de « chez Gacinya ». Ce centre de détention secret situé au centre de Kigali dans le quartier de Gikondo est dans le collimateur des défenseurs des droits de l’homme à cause des mauvais traitements et tortures infligés aux personnes qui y sont détenues. Barafinda affirme avoir été aussi placé dans d’autres centres de détentions officiels comme à Mulindi (banlieue de Kigali), et sur des sites de détention militaires. Sa séquestration aurait duré au total 120 jours avant d’être relâché, dit-il. 

Concernant l’enregistrement de son parti politique RUDA, Barafinda dit comprendre la situation « si mukeba wawe ukwandika ahubwo ni wowe wiyandikisha ». (« Ce n’est pas ta coépouse qui te reconnait, c’est à toi de t’imposer comme ayant-droit à part entière dans le foyer »). Pour Barafinda, le FPR, un parti unique au pouvoir, n’a pas intérêt à reconnaitre un autre parti politique au Rwanda. « Mon parti est enregistré dans le cœur des Rwandais » déclare-t-il. La présentant affectueusement comme la Première dame, Barafinda a accordé une parole à son épouse qui l’accompagnait, pour elle le parti politique de son mari n’est pas officiellement reconnu au même titre que le FPR, quand il n’était pas au pouvoir, n’avait pas été officiellement reconnu par le gouvernement de Habyarimana Juvénal.

Barafinda dit remplir toutes les conditions requises, notamment les signatures requises, mais elles (les autorités rwandaises) ne veulent pas reconnaitre son parti. Malgré ce refus, l’homme n’est pas très découragé car ce qui compte avant tout « ce sont les idées, les solutions apportées aux problèmes de la population. Ce n’est pas l’inscription du parti qui résout les problèmes de la population » insiste-t-il.

Néanmoins, l’idée qui tient à cœur Barafinda et sur laquelle il revient tout le temps au cours de ses déclarations c’est « la taxe sur la terre » imposée à la population. « Abanyarwanda bagizwe abapangazi ku butaka bw’u Rwanda kandi ari gakondo ». « Les Rwandais deviennent locataires de leurs terres alors qu’ils sont des ayants-droits de leurs terres ». Il a ajouté « quand tu ne sais pas t’acquitter de cette taxe, on vend tes terres, te condamnant à devenir sans abri, avec le risque d’atterrir en prison ».

Barafinda est revenu sur beaucoup de problèmes, notamment le manque d’eau et d’électricité dans sa maison alors qu’ils payent les factures, les problèmes de voisinage, les persécutions qu’endure la population, etc. « La population africaine n’a pas encore accédé à l’indépendance, il n’y a que les dictateurs africains qui se sont émancipés. La masse populaire est toujours sous l’oppression ; la preuve : on nous réclame une taxe sur des terres héritées de nos ancêtres, ce qui ne devrait pas être le cas » conclut Barafinda.

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