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Attentat contre l’avion du Président Habyarimana : 25 questions qui pointent vers la culpabilité de Paul Kagame

Attentat contre l’avion du Président Habyarimana : 25 questions qui pointent vers la culpabilité de Paul Kagame

Contribution externe par Gustave Mbonyumutwa et Alain Bernard (nom d’emprunt d’une personne ayant souhaité préserver son anonymat)

« Si c’est le FPR qui a commis l’attentat, l’histoire du génocide devra être réécrite, […], cela mettra le FPR sous un angle complètement différent. Le FPR a jusqu’ici été considéré par l’occident comme une victime ainsi que ceux qui ont mis fin au génocide ».

Cette phrase, prononcée par Carla DEL PONTE le 17 avril 2000 lors d’une interview donnée au journal danois « Aktuelt » résume parfaitement le seul enjeu qui compte dans cette affaire.

Pourtant, depuis plus de 20 ans on ne compte plus les « indices sérieux de culpabilité » qui convergent tous vers le FPR. Depuis les enquêtes de Michael Hourigan pour le compte du TPIR en 1997[1], en passant par l’enquête française du juge Bruguière dès 1998[2], l’enquête « spéciale » du TPIR de 2003[3], ainsi que les mandats d’arrêts du juge espagnol Merelles de 2008[4], toutes les pistes désignent Paul KAGAME comme le commanditaire de cet attentat.

Dès lors, qui donc est assez puissant pour empêcher que la vérité soit dite dans cet attentat ?

Depuis 26 ans, seuls les sponsors internationaux de Paul KAGAME et du FPR, dont des politiciens, des médias, des universitaires et de nombreuses ONG, multiplient leurres et chantages afin de brouiller toute compréhension du dossier et de s’assurer qu’aucune de ces enquêtes n’aboutisse et ne mette définitivement leur protégé sur le banc des accusés. 

En ce triste anniversaire de l’attentat contre l’avion du Président Habyarimana, considéré comme l’élément déclencheur du génocide et de l’embrasement de toute la sous–région, nous vous proposons une série de 25 questions qui démontrent qu’il n’y a, évidemment, qu’une seule hypothèse sérieuse dans ce dossier.

En juillet de cette année, la cour d’appel de Paris devrait se prononcer sur la validité du non-lieu qui conclura deux décennies d’enquête sur cet attentat[5].

Si le non-lieu est validé par la Justice française, Paul Kagame et le FPR seront définitivement hors d’atteinte pour répondre de cet attentat en France.

Dans le cas contraire, un mince espoir sera à nouveau permis pour les familles des ressortissants français rwandais et burundais ayant perdu leur proche dans cet attentat et peut-être même que justice pourra un jour être rendue dans l’une des affaires les plus scandaleuses de l’histoire politique de l’humanité : le seul double assassinat de Présidents en exercice !

Question n° 1 : Pourquoi Paul Kagame s’est-il toujours violemment opposé à toute enquête de l’ONU, de l’OUA, de l’OACI alors qu’il prétend détenir les preuves de la culpabilité des extrémistes du coté de Habyarimana ? (cf par exemple le rapport Mutsinzi),?

Question n° 2 : Pourquoi Paul Kagame s’est-il toujours opposé à toute enquête du TPIR alors que le TPIR était complètement à sa botte depuis le départ forcé de Carla Del Ponte, licenciée sans ménagement par les anglo-saxons à partir du moment où elle a voulu enquêter sur les crimes du FPR ?

Question n° 3 : Pourquoi Paul Kagame s’est-il piteusement désisté en Décembre 2002 lors de la procédure judiciaire qu’il avait intentée contre le journaliste et universitaire Charles Onana qui l’accusait d’être le commanditaire de cet attentat ? Paul Kagamé s’est retracté à partir du moment où Charles Onana a déposé les preuves qu’il détenait.

Question n° 4 : Pourquoi le Gouvernement rwandais n’a-t-il jamais répondu à la demande d’entraide judiciaire internationale formulée par le juge Bruguière pendant son enquête ? En effet, contrairement à ce que les suppôts français de Kigali clament, le juge Bruguière, comme le rapporte Madame Del Ponte pages 387 – 388 de l’ouvrage « La traque, les criminels de guerre et moi », avait demandé une entraide judiciaire à Kigali qui n’a jamais répondu.

Question n° 5 : Pourquoi Kagame fait-il assassiner ou enlever ceux qui se disent témoins des préparatifs de l’attentat contre l’avion du Président Habyarimana ? 

La liste est longue : Théoneste Lizinde, (assassiné), Augustin Cyiza, (enlevé et sans doute assassiné), Leandre Ndayire[6], (enlevé et peut-être assassiné) Patrick Karegeya (assassiné), Kayumba Nyamwasa (victime de 3 tentatives d’assassinat), Emile Gafirita[7] (enlevé et peut être assassiné), Chrysostome Ntirugiribambe[8] (enlevé et peut-être assassiné), etc.

Enfin, il est important de signaler que James Munyandinda qui, selon ses déclarations devant la justice française, a gardé à Mulindi les missiles qui ont été utilisés par le FPR lors de l’attentat et qui a témoigné trois fois en 2017 devant le juge Herbaut dans l’enquête sur l’attentat, est victime depuis deux ans de menaces de mort récurrentes dont la justice française a été plusieurs fois informée.

Question n° 6 : Comment expliquer que, dès l’annonce de la destruction de l’avion du Président Habyarimana, le 6 Avril, alors que les deux camps étaient en négociation de paix, le FPR ait immédiatement lancé une offensive générale qui demande une logistique très importante et ne peut en aucun cas être improvisée ?

La concomitance entre l’attentat et le déclenchement d’une offensive générale par le FPR démontre, à tout le moins, que le FPR était au courant de l’attentat. (cfr le témoignage du Colonel Luc Marchal au Sénat le 1er Avril 2014)

Question n° 7 : Comment expliquer que dans les rangs du FPR, jusqu’au milieu des années 2000 et jusqu’aux mandats d’arrêt émis par le juge Bruguière en Décembre 2006, les auteurs de l’attentat, membres du FPR, étaient célébrés comme des héros ?

Question n° 8 : Pourquoi Jack Nziza et James Kabarebe, qui clament leur innocence, ont-ils refusé d’être confrontés au Palais de justice de Paris les 14 et 15 Décembre 2017 au témoin James Munyandinda qui affirme avoir gardé à Mulundi les missiles ayant servi à l’attentat ?

Question n° 9 : Pourquoi les avocats de Paul KAGAME, Me Forster[9] et Maingain[10], n’ont jamais déposé la plainte pour « escroquerie au jugement en bande organisée » qu’ils annonçaient, avec forts roulements de tambour, dès le mois de Janvier 2012[11] ?

Question n° 10 : Que s’est-il passé dans les relations entre la France et le Rwanda pour expliquer un tel revirement dans l’attitude de Paul Kagame ? Voir l’article de Pierre Péan du « Un » n° 140 : « Récit d’une manipulation »[12] dont les révélations ont été passées sous silence par la quasi-totalité de la presse francophone.  

Question n° 11 : Comment peut-on expliquer que les juges Trévidic et Poux aient pu aller enquêter « librement »au Rwanda sur un crimes de terrorisme supposé être commis par les proches du Président Kagame alors que les deux Procureurs du TPIR Mesdames  L. Harbour  et Carla del Ponte, pourtant dotées de pouvoirs supra – nationaux, ont toutes deux déclaré publiquement n’avoir jamais pu enquêter au Rwanda sur les crimes du FPR, Madame Del Ponte rajoutant qu’elle avait été obligée de retirer ses enquêteurs craignant pour leur vie et pour la sienne ?

Question n° 12 : Comment les médias francophones et les suppôts de Kigali peuvent-ils émettre la thèse de la culpabilité des extrémistes du coté de Habyarimana alors que 4 enquêtes totalement indépendantes désignent toutes Paul Kagame :

  • L’enquête Hourigan au TPIR, escamotée en 1997 à la demande du Procureur Louise Harbour,
  • L’enquête « spéciale » du TPIR datée du 1er Octobre 2003 tenue secrète, révélée par Judi Rever et Marianne[13],
  • L’enquête française du juge Bruguière débutée en 1998,
  • L’enquête espagnole du juge Merelles ayant abouti aux mandats d’arrêts en 2008

Question n° 13 : Si comme l’immense majorité de la presse francophone l’a affirmé début 2019, la note de la DGSE du 22 Septembre 1994 désignant les FAR comme les auteurs de l’attentat avait une quelconque valeur probante, pourquoi les juges d’instruction, qui en disposaient depuis 2015, (cf sa déclassification), et qui pourtant avaient besoin d’arguments pour « blanchir » le FPR, l’ont-ils écartée ? 

Question n° 14 : Si les auteurs de l’attentat étaient parmi ceux jugés à Arusha, pourquoi demandent-ils depuis toujours une enquête internationale sur l’attentat ?[14] Depuis quand voit-on des coupables demander avec insistance que des investigations soient menées sur un acte qu’ils auraient eux-mêmes commis ?

Question n° 15 : Pourquoi les extrémistes du coté de Habyarimana auraient-ils choisi un attentat sophistiqué au missile sol-air, alors qu’ils pouvaient l’éliminer physiquement, à terre, lors de ses journées de travail ou à son domicile ? Pourquoi éliminer en même temps un autre Président Hutu, celui du Burundi ?

Question n° 16 : Est-il crédible que les extrémistes du coté de Habyarimana aient pu tirer un missile qu’ils n’ont jamais acheté et dont ils n’ont jamais appris le fonctionnement ?

Question n° 17 : Pourquoi les extrémistes du coté de Habyarimana auraient choisi de tirer depuis un camp militaire dont le commandement et les soldats étaient fidèles au Président ?

Question n° 18 : Pourquoi les extrémistes du coté de Habyarimana auraient-ils laissé certaines des plus hautes autorités militaires et politiques du pays monter dans un avion sachant que quelques heures après cet aéronef serait détruit par un missile ?

Question N° 19 : Pourquoi les juges d’instruction Trevidic – Poux se sont -il refusés à entendre le commandant du camp depuis lequel les missiles auraient été tirés ? (cfr Charles Onana dans son ouvrage « La France dans la terreur Rwandaise » page 310 ?

Question N° 20 : Pourquoi les avocats de Kigali, Me Forster & Maingain n’ont-ils pas fait appel de cette ordonnance de non – lieu en ce qui concerne la mise hors-cause des extrémistes du coté de Habyarimana ?

Question n° 21 : Les extrémistes du côté Habyarimana, seraient -il aussi incompétents pour procéder à un attentat visant à décapiter le pouvoir en place, sans avoir prévu le processus leur permettant de prendre immédiatement un pouvoir sans partage via un coup d’état ?

Question n° 22 : Comment expliquer que suite à l’assassinat du Premier Ministre libanais Rafic Harriri et celui du Premier Ministre pakistanais Benazir Bhutto, l’ONU ait mis en place dans les deux cas une commission d’enquête et que dans le cas de l’assassinat par un acte terroriste de deux Présidents, celui du Rwanda, J. Habyarimana et celui du Burundi Cyprien Ntaryamira, l’ONU ait refusé de mettre en place une commission d’enquête ?

Question n° 23 : Comment l’ONU a-t-elle pu justifier qu’elle n’ait pas de budget pour enquêter sur l’attentat terroriste du 6 Avril 1994 quand on voit les montants investis dans le fonctionnement du TPIR pendant près de 20 ans ?

Question n° 24 : Pourquoi le TPIR a-t-il refusé de transmettre à la justice française deux rapports d’enquête, celui de M. Hourigan et celui des enquêtes spéciales daté du 1er octobre 2003, deux rapports qui démontraient la culpabilité de Paul Kagame et du FPR dans l’attentat du 6 Avril 1994 ?

Question n° 25 : Pourquoi l’ONU n’a-telle pas transmis dès l’été 2016 à la justice française, comme cela avait été demandé par le rédacteur, le rapport sur la découverte par la Monusco en RDC d’un missile provenant du même lot que ceux qui ont été utilisés dans l’attentat contre l’avion du Président Habyarimana ?[15]

Contribution externe par Gustave Mbonyumutwa et Alain Bernard (nom d’emprunt d’une personne ayant souhaité préserver son anonymat)


  1. http://www.france-rwanda.info/article-rwanda-20-ans-apre-s-qui-a-declenche-le-genocide-le-te-moignage-cle-de-michael-hourigan-122533100.html
  2. https://www.lemonde.fr/a-la-une/article/2006/11/21/rwanda-le-juge-bruguiere-met-en-cause-le-president-kagame_836796_3208.html
  3. https://www.marianne.net/monde/exclusif-rwanda-le-document-top-secret-qui-accuse-le-regime-de-kagame
  4. https://www.lemonde.fr/afrique/article/2008/02/07/un-juge-espagnol-emet-40-mandats-d-arret-contre-les-chefs-de-l-armee-rwandaise_1008523_3212.html
  5. https://www.rtbf.be/info/monde/detail_attentat-declencheur-du-genocide-au-rwanda-a-paris-decision-le-3-juillet-sur-le-non-lieu?id=10408646
  6. Leandre Ndayire, qui voulait témoigner devant les magistrats français en charge de          l’enquête, a disparu en Novembre 2017 après être allé à l’ambassade de France à                   Kampala. Leandre Ndayire, était un témoin visuel de l’attentat : les missiles qui ont            servi à l’attentat, selon les révélations de Judi Rever dans son ouvrage « In Praise of blood« , auraient été stockés à Masaka dans la maison de sa sœur Belancile et Leandre était présent avec l’équipe lorsque les missiles ont été tirés (sources : « In Praise of                   blood, the crimes of the rwandan patriotic front », pages 188 à 192).  
  7. http://bernardlugan.blogspot.com/2016/12/emile-gafirita-abandonne-des-assassins.html
  8. Chrysostome Ntirugiribambe qui logeait Emile Gafirita à Nairobi a été enlevé le 23 juin 2015 à Nairobi (Kenya)
  9. http://afrikarabia.com/wordpress/francerwanda-vers-une-nouvelle-rupture-des-relations-diplomatiques/
  10. https://www.humanite.fr/monde/me-bernard-maingain-%C2%AB-un-dossier-longtemps-pollue-par-les-manipulations%C2%A0%C2%BB-487598
  11. https://www.jeuneafrique.com/177761/politique/rwanda-affaire-habyarimana-le-camp-kagam-menace-de-contre-attaquer-devant-la-justice-fran-aise/
  12. https://le1hebdo.fr/journal/numero/140/rcit-d-une-manipulation-2051.html
  13. https://www.marianne.net/monde/exclusif-rwanda-le-document-top-secret-qui-accuse-le-regime-de-kagame
  14. https://www.justiceinfo.net/fr/hirondelle-news/7163-18052000-tpirkabiligi-gratien-kabiligi-reclame-une-enquete-sur-la-mort-du-president-habyarima3953.html
  15. https://www.theglobeandmail.com/world/article-new-information-supports-claims-kagame-forces-were-involved-in/

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