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Droits de l’Homme : L’ONU épingle une fois de plus le Rwanda

Droits de l’Homme : L’ONU épingle une fois de plus le Rwanda

Le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies vient une fois de plus de pointer du doigt le Rwanda pour des violations graves des droits homme, lors de l’Examen périodique universel (EPU) du pays. Cet examen vise à examiner le bilan complet de tous les États membres des Nations Unies en matière de droits humains. Il est effectué tous les cinq ans par d’autres membres, à tour de rôle, qui émettent des recommandations. Lors de son examen périodique qui s’est tenu au Conseil des droits de l’homme à Genève le 25 janvier 2021, le Rwanda a été sévèrement critiqué quant à l’état des droits humains sur son sol, et surtout le conseil regrette que la majorité des recommandations formulées dans ses précédentes observations n’aient pas été suivies malgré les promesses du gouvernement rwandais.

«  Exécutions sommaires, décès de suspects lors d’arrestations et dans des circonstances suspectes dans des postes de police, torture et mauvais traitements dans des centres de détention non officiels, disparitions suspectes, nomination des juges sous des pressions politiques, tribunaux militaires qui jugent des civils, avocats assimilés à leurs clients, aveux obtenus sous la torture, ingérence dans la vie privée, assassinats de réfugiés qui manifestaient contre une réduction des ratios alimentaires, recrutement de réfugiés burundais dans des groupes armés,  exploitation sexuelle des enfants,.. », la liste est longue, de ces accusations émanant de 99 pays, dont certains de la région qui accusent tous le Rwanda de piétiner les droits humains.

Ces pays recommandent au Rwanda de respecter des obligations internationales en matière de droits de l’Homme sur des questions touchant plusieurs domaines, notamment l’élimination des discriminations (discriminations raciale, discrimination envers les femmes, discrimination fondée sur le handicap) ; mettre fin à la torture et aux mauvais traitements, enquêter sur les cas d’exécutions extrajudiciaires, de disparitions forcées, de détentions arbitraires et de morts en détention. 

« Les vives critiques adressées au Rwanda par les pays du monde entier témoignent de l’inquiétude de la communauté internationale face à la crise des droits humains au Rwanda », a déclaré Lewis Mudge, directeur pour l’Afrique centrale à Human Rights Watch .

Lors de l’examen de 2021 sur le Rwanda, de nombreux pays ont réitéré deux recommandations majeures à ce petit pays que nombreux n’hésitent pas à qualifier de « champion des violations des droits de l’Homme  » : ratifier la Convention contre les disparitions forcées et le Statut de Rome pour que le pays fasse partie de la Cour pénale internationale. Plusieurs pays ont aussi exhorté le Pays des Mille Collines à autoriser le sous-comité des Nations Unies pour la prévention de la torture et traitements cruels, inhumains ou dégradants à reprendre ses visites sur le terrain. Ces visites avaient été suspendues en raison d’une série d’obstacles mis par les autorités rwandaises à l’accès aux lieux de détention, du manque de confidentialité de certains entretiens et de craintes que les personnes interrogées subissent des représailles.

Johnston Busingye, ministre de la Justice, a d’abord nié l’existence de maisons de détention secrètes au Rwanda. Pour lui, ces détracteurs poursuivent des mobiles politiques. Quelques heures après, le même ministre et porte-parole du gouvernement rwandais a annoncé qu’il va mettre en pratique les 160 recommandations émanant des pays du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies. Il a souligné que son pays est d’ailleurs en bonne voie, puisque 50 des recommandations qui avaient été émises suite au premier examen périodique ont été respectées, un constat que ne partage pas Human Rights Watch. En effet, HRW souligne ne pas constater d’améliorations concrètes en matière de droits humains au Rwanda en général, même sur les recommandations qui avaient été formulées par le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies en 2015. « Les autorités rwandaises doivent aller au-delà des promesses vides et des faux-fuyants pour régler leurs problèmes de droits humains », a déclaré Lewis Mudge.

En date du 27 janvier, Etienne Gatanazi et ses collègues journalistes discutaient de la liberté des journalistes au Rwanda et le journaliste Alex Ngarambe a affirmé que Yolande Makolo, conseillère en communication à la présidence menace et intimide souvent les journalistes en les empêchant de publier certains articles. Alex Ngarambe témoigne : « Il y a environ deux ans, un scoop était en préparation au journal The East African. La police en a été informée et elle ne voulait pas que l’histoire soit publiée. Elle a alors fait irruption dans le bureau de The East African et a confisqué les ordinateurs des journalistes. Je considère tout ça comme une menace pour les journalistes. Ca, c’est du côté de la sécurité, mais il y a aussi des politiciens qui viennent attaquer les journalistes. En tant que politiciens, il utilisent leur compte Twitter ou appellent des journalistes par téléphone et les intimident en leur disant qu’ils ne sont pas professionnels et qu’il travaillent pour les détracteurs du Rwanda parce qu’ils viennent de publier un article désagréable pour ce politicien. Je pourrais donner des exemples et je leur dirais que le journalisme n’est pas un crime. C’est une profession reconnue par la loi, un travail comme les autres. Si je fais un article qui ne te plaît pas, je ne suis pas là pour faire des articles qui te plaisent, je suis là pour faire donner une information complète au public. S’il ne te plaît pas, il y a d’autres façons de procéder. Il y a une femme qui aime faire cela, elle s’appelle Yolande Makolo, elle travaille à la présidence. Quand une personnalité haut placée t’attaque comme cela, ça te fait peur ! » https://www.youtube.com/watch?v=U0oGwc9XDtE 

En 2020, le Rwanda venait en queue de peloton au classement mondial de la liberté de la presse (155 sur 179) et son régime figure parmi les plus répressifs au monde.

Le 25 janvier dernier, c’est le gouvernement britannique qui a haussé le ton contre le régime rwandais. Dans un communiqué, Londres accuse le régime de Paul Kagame de violations flagrantes des valeurs fondamentales du Commonwealth, une organisation que le Pays des Mille Collines a intégré en 2009. Cette déclaration a été saluée par deux formations politiques de l’opposition rwandaise, DALFA UMURINZI de Victoire INGABIRE UMUHOZA et PS Imberakuri de Maître Bernard NTAGANDA.

Jean Mitari
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