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Desmond Tutu : En voulant quitter la CPI, certains pays africains cherchent « un permis de tuer »

Publié : le 12 octobre 2013 à 22:41 | Par | Catégorie: Actualité

Alors qu’un sommet extraordinaire des chefs d’Etat africains s’est ouvert ce samedi 12 octobre au siège de l’Union africaine à Addis-Abeba pour discuter des relations des pays africains avec la Cour Pénale Internationale (CPI),  le célèbre évêque sud africain Desmond Tutu s’en prend aux dirigeants du continent. D’après lui, certains pays africains cherchent « un permis de tuer » en voulant quitter la CPI.

 Tutu_jn« Les dirigeants réclamant un retrait de la CPI, « cherchent en réalité un permis de tuer, de mutiler et d’oppresser leurs peuples sans conséquences » a déclaré ce vendredi 11 octobre 2013 au Cap, le pasteur sud-africain Desmond Tutu, rapporte l’AFP.

Le Prix Nobel de la Paix (1984) s’en prend sans réserve aux chefs d’Etat du continent noir, « loin d’être ce que certains appellent une chasse aux sorcières initiée par l’homme blanc, la CPI ne pourrait pas être plus africaine, même si elle le voulait » affirme le pasteur sud africain, et lance un appel à certains leaders africains à s’opposer à leurs homologues « les moins démocratiques » afin qu’ils ne quittent pas la CPI. Le pasteur connu pour son combat anti apartheid,  rappelle que l’Afrique avait participé à la création de la CPI, en engageant des procédures et en fournissant du personnel.

Desmond Tutu  rejette ce qu’il appelle « une carte raciale et la carte coloniale » que certains dirigeants africains pourraient avancer dans leurs discours pour justifier le retrait de la CPI, et soutient que le combat de la CPI « loin d’être un affrontement entre l’Afrique et l’Occident, c’est un affrontement entre Africains, pour l’âme du continent », estime le pasteur anglican, le premier Sud-Africain noir nommé doyen du diocèse de Johannesburg.

Kagame-Desmond: deux points de vue

Bien que le Rwanda n’ait ni signé, ni ratifié le statut de Rome prévoyant la création de la Cour Pénale Internationale, dans son discours à la tribune des Nations Unies  il y’a quelques semaines,  Paul Kagame s’est porté en défenseur des Africains, victimes de la cour de La Haye. « La CPI a fait preuve de préjugés à l’égard des Africains. Au lieu de promouvoir la justice et la paix, elle a négligé les efforts de réconciliation en humiliant les Africains et leurs leaders pour servir les intérêts politiques des puissants ». 

 

Le pasteur Tutu, défenseur acharné et inlassable en faveur de l’égalité ne voit pas les choses de la même façon. Selon lui,  « L’Afrique souffre des conséquences des actes de dirigeants irresponsables. (…) Les dirigeants violents continuent d’infester l’Afrique: les Grands Lacs, le Mali, le nord du Nigeria et l’Egypte sont tous des sources d’inquiétude », estime Desmond Tutu qui met en garde : « Sans cette Cour, il n’y aurait aucun frein aux pires excès ». Le pasteur appelle à signer une pétition en ligne initiée par le groupe activiste Avaaz, en rappelant que « les auteurs de violences ne doivent pas être autorisés à s’en sortir par une pirouette ».

Cas du Kenya

Selon les dernières nouvelles venant d’Addis-Abeba, les chefs d’États de l’Union africaine  vont saisir le Conseil de sécurité des Nations Unies pour demander le gel des travaux de la CPI pendant au moins douze mois, pour laisser le temps au Kenya de se doter d’une justice conforme aux standards internationaux et donc de demander à juger eux mêmes leur Vice Président William Ruto et le Président Uhuru Kenyatta, élus en mars et poursuivis depuis 2011 pour crimes contre l’humanité. Dans ce cas, la cour de La Haye ne serait compétente qu’en dernier recours.

 

Jean Mitari

Jambonews.net

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2 Commentaires à “Desmond Tutu : En voulant quitter la CPI, certains pays africains cherchent « un permis de tuer »”

  1. Bertrand Loubard dit :

    Ceux qui critiquent la Cour Pénale Internationale, sans être partie au Statut de Rome, ont un intérêt immédiat à cette attitude car ce sont sans doute ceux-là mêmes les plus menacés de devoir répondre bientôt de leurs crimes devant cette juridiction mondiale. Quand Desmond Tutu citait Blaire et Clinton, il aurait tout aussi bien pu ajouter Kagamé et Kabila, Rice, Hillary Rodham ……. à la liste de ceux qui sont encore toujours « innocents par immunité », de crimes contre la paix, crimes contre l’humanité, crimes de génocide, crimes de guerre dont ils ont participé à la commission.
    Pourquoi Kagamé se sent-il intouchable ? Pourquoi se montre-t-il cynique et impudique dans ses déclarations outrancières à la tribune de l’Onu. Pourquoi se révèle-t-il raciste et potentiellement « rétro-génocidaire-préventif » devant les enfants hutus des écoles rwandaises ?
    Il sait avec qui il a planifié, et jusqu’à quels détails, sa prise de pouvoir par la force. Il a obtenu tous les moyens techniques pour commettre le premier de tous les crimes, le crime contre la paix, en abattant l’avion présidentiel d’Habyarimana. Il connaît tous les détails des « deals » passés avec ses alliés traditionnels. Il « tient » tous ses complices de cette Communauté Internationale du crime organisé et mondialisé. Il « tient », quant il ne les a pas encore assassinés, ses anciens complices en exil, réfugiés dans le confort doré que leur permet les profits accumulés de leur collaboration passée avec le tyran qu’ils ont finalement « trahi » (?).
    Kagamé a bien retenu les leçons données par P-R Prosper, son avocat privé. Selon P-R Prosper (procureur au TPIR de 1996 à 1998), « sorteur », avec Kofi Annan, de Boutros Boutros Ghali en 1997; Ambassadeur Itinérant Extraordinaire des États-Unis pour les crimes de guerre de 2001 à 2005, « sorteur », avec G Gahima (procureur général du Rwanda à l’époque et actuellement en exil aux USA), de Carla Del Ponte des TPIR et Y en 2003, avocat de Paul Kagamé dans la « plainte d’Oklahoma » en 2011, membre du bureau de conseil juridique Arent Fox : « les Tribunaux Pénaux Internationaux ne sont que des instruments au service de la politique ». P-R Prosper avait promis à Kagamé la fermeture du TPIR ce qui mettrait un terme à « ces enquêtes qui le dérangent » sur les crimes du FPR et de l’APR et sur le cadre dans lequel ils ont été commis.
    Pourquoi Kagamé a-t-il livré Ntaganda à La Haye s’il juge la CPI comme impartiale ? Il se refuse bien de livrer Nkundabatware et Mutébuzi et tous les autres fantoches du M23….alors….?

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  2. Compté Doulou dit :

    Seulement les Africains?

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