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Lac Rweru : le Burundi fait son devoir, les associations rwandaises insistent

Publié : le 17 octobre 2014 à 10:55 | Par | Catégorie: Actualité

Alors que plusieurs associations rwandaises de défense des droits de l’Homme mettent l’accent sur la nécessité de faire la lumière sur les disparitions et arrestations arbitraires au Rwanda, le procureur général du Burundi a confirmé ce mardi 14 octobre que l’enquête indiquait que les 40 corps retrouvés dans le lac Rweru, frontalier entre le Burundi et le Rwanda, proviennent bien du Rwanda.

Victimes de disparition forcées au Rwanda

Victimes de disparition forcées au Rwanda

Rappelons que ces corps avaient été retrouvés du côté burundais de la frontière en août dernier. L’origine et les circonstances dans lesquelles les victimes ont trouvé la mort restent encore non expliquées. Dans la nuit du 21 au 22 septembre un groupe de personnes non identifiées à bord de bateaux avait traversé le lac afin de dérober les corps repêchés et enterrés sur la côte. La tentative a échoué grâce à un citoyen qui a donné l’alerte à temps. Depuis lors, les corps sont sous étroite surveillance des autorités burundaises.

Le procureur général du Burundi, Valentin Bagorikunda, a affirmé mardi dernier que le site où les corps ont été trouvés a été examiné et que les témoins ont été entendus. Pour le Burundi, les preuves ainsi rassemblées sont formelles, elles indiquent que les corps trouvés en août viennent du Rwanda. Du côté rwandais, la version officielle est qu’aucun citoyen ne manque à l’appel et que les corps ne sont pas ceux de Rwandais, sans qu’aucune procédure, à notre connaissance, n’ait été mise en place pour faire la lumière sur l’origine des corps.

Les associations de la société civile insistent

Cadavre retrouvé dans le lac Rweru

Cadavre retrouvé dans le lac Rweru

Les associations rwandaises de défense des droits de l’Homme basées à l’étranger, dont JAMBO asbl, le Réseau International des Femmes pour la Démocratie et la Paix (RifDP), le Centre pour la Prévention des Crimes contre l’Humanité (CPCH), Global Campaign For Rwandan’s Human Rights (GCRHR) et le Centre de Lutte contre l’Impunité et l’Injustice au Rwanda (CLIIR), dénoncent à nouveau et condamnent ces crimes. A travers une vidéo publiée ce mercredi 16 octobre, elles demandent que la Communauté internationale s’intéresse réellement à la question et agisse sans se limiter aux déclarations faites sur ces violations flagrantes des droits de l’Homme. A défaut, il y a un grand risque que les crimes tombent dans l’oubli, selon les dites associations.

Akandoyi

Akandoyi

Le régime du FPR au Rwanda est régulièrement critiqué pour les violations graves des droits de l’Homme dont il se rend coupable. Ces derniers mois, Human Rights Watch avait signalé un nombre croissant de cas de disparitions forcées. Par ailleurs, beaucoup des corps retrouvés dans le lac Rweru avaient les bras attachés par derrière, une technique de torture répandue utilisée par FPR appelée « akandoyi » par laquelle les bras sont fortement attachés dans le dos au niveau des coudes et qui tend le torse. La victime est ensuite laissée dans cette posture pendant plusieurs heures, voire plusieurs jours.

En septembre, plusieurs ONG et pays dont les USA avaient aussi demandé aux deux pays de mener des enquêtes promptes, minutieuses, impartiales et concertées. Le Rwanda n’a jamais répondu à ces appels, se contentant de dire qu’aucun citoyen rwandais ne manquait à l’appel.

 

Lire aussi : Cas de disparitions au Rwanda

Vidéo:

 

 

 

Pacifique Habimana

Jambonews.net

 

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2 Commentaires à “Lac Rweru : le Burundi fait son devoir, les associations rwandaises insistent”

  1. RASEC dit :

    Il est demandé aux familles de ces victimes qui sont ici au Rwanda et/ou à l’étranger de se faire connaître via les responsables des partis d’opposition de la place et/ou résidant à l’étranger.Ils faut qu’ils osent mettre dans la poubelle les menaces de Kagame.
    Les masques sont tombés nonobstant les divagations de Mushikiwaho, denue la Gasuku du commandant suprême. Il convient de rappeler que le grand-frère de celle-ci, Ndasingwa Lando a été liquidé par les soldats du FPR en uniforme des FAR sur ordre de Kagame.Elle le sait depuis plusieurs années car l’enquêteur en chef du TPIR sur les assassinats des ex-dirigeants rwandais en 1994 est un américian, un compatriote de Mushikiwabo qui, dès lors, l’a nécessairement informée. Par alleurs, ses compatriotes qui opérent actuellement partout au Rwanda l’ont nécessairement informée. Ils étaient aux côtés de Kagame en qualité de conseillers militaires à l’époque des faits (en 1994). Le TPIR a également des éléments suffisants sur cette Affaire. Il est surprenant que Mushikiwabo soit porte-parole de l’assassin de son frère. Une fois identifés, il faudra que le nécessaire soit fait pour que les bouchers en chef répondent de leurs actes ignobles, consitutifs de preuve de la nature intrinsèque du régime rwandais actuel. Le silence de tombeau observé par les dirigeants des partis dits d’opposition opérant dans les pays démocratiques est regrettable. Ils manifestent contre Kagame mais brillent par leur apathie caractérisée relativement à cette Affaire alors qu’elle est d’une extrême gravité et mérite conséquemment une mobilisation internationale de tous les Rwandais qui ont le sens fraternité. L’existence d’un régime despotique dans notre pays ne permet pas aux Rwandais de l’intérieur d’agir legalement et de manifester leur solidarité avec les membres des victimes dans la recherche de la justice pourtant prévue par notre constitution.

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