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Lac Rweru : le Burundi fait son devoir, les associations rwandaises insistent

Lac Rweru : le Burundi fait son devoir, les associations rwandaises insistent

Alors que plusieurs associations rwandaises de défense des droits de l’Homme mettent l’accent sur la nécessité de faire la lumière sur les disparitions et arrestations arbitraires au Rwanda, le procureur général du Burundi a confirmé ce mardi 14 octobre que l’enquête indiquait que les 40 corps retrouvés dans le lac Rweru, frontalier entre le Burundi et le Rwanda, proviennent bien du Rwanda.

Victimes de disparition forcées au Rwanda

Victimes de disparition forcées au Rwanda


Rappelons que ces corps avaient été retrouvés du côté burundais de la frontière en août dernier. L’origine et les circonstances dans lesquelles les victimes ont trouvé la mort restent encore non expliquées. Dans la nuit du 21 au 22 septembre un groupe de personnes non identifiées à bord de bateaux avait traversé le lac afin de dérober les corps repêchés et enterrés sur la côte. La tentative a échoué grâce à un citoyen qui a donné l’alerte à temps. Depuis lors, les corps sont sous étroite surveillance des autorités burundaises.
Le procureur général du Burundi, Valentin Bagorikunda, a affirmé mardi dernier que le site où les corps ont été trouvés a été examiné et que les témoins ont été entendus. Pour le Burundi, les preuves ainsi rassemblées sont formelles, elles indiquent que les corps trouvés en août viennent du Rwanda. Du côté rwandais, la version officielle est qu’aucun citoyen ne manque à l’appel et que les corps ne sont pas ceux de Rwandais, sans qu’aucune procédure, à notre connaissance, n’ait été mise en place pour faire la lumière sur l’origine des corps.

Les associations de la société civile insistent

Cadavre retrouvé dans le lac Rweru

Cadavre retrouvé dans le lac Rweru


Les associations rwandaises de défense des droits de l’Homme basées à l’étranger, dont JAMBO asbl, le Réseau International des Femmes pour la Démocratie et la Paix (RifDP), le Centre pour la Prévention des Crimes contre l’Humanité (CPCH), Global Campaign For Rwandan’s Human Rights (GCRHR) et le Centre de Lutte contre l’Impunité et l’Injustice au Rwanda (CLIIR), dénoncent à nouveau et condamnent ces crimes. A travers une vidéo publiée ce mercredi 16 octobre, elles demandent que la Communauté internationale s’intéresse réellement à la question et agisse sans se limiter aux déclarations faites sur ces violations flagrantes des droits de l’Homme. A défaut, il y a un grand risque que les crimes tombent dans l’oubli, selon les dites associations.
Akandoyi

Akandoyi


Le régime du FPR au Rwanda est régulièrement critiqué pour les violations graves des droits de l’Homme dont il se rend coupable. Ces derniers mois, Human Rights Watch avait signalé un nombre croissant de cas de disparitions forcées. Par ailleurs, beaucoup des corps retrouvés dans le lac Rweru avaient les bras attachés par derrière, une technique de torture répandue utilisée par FPR appelée « akandoyi » par laquelle les bras sont fortement attachés dans le dos au niveau des coudes et qui tend le torse. La victime est ensuite laissée dans cette posture pendant plusieurs heures, voire plusieurs jours.
En septembre, plusieurs ONG et pays dont les USA avaient aussi demandé aux deux pays de mener des enquêtes promptes, minutieuses, impartiales et concertées. Le Rwanda n’a jamais répondu à ces appels, se contentant de dire qu’aucun citoyen rwandais ne manquait à l’appel.
 
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Vidéo:

 
 
 
Pacifique Habimana
Jambonews.net
 

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