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Rwanda : un journaliste de la BBC porté disparu 

Rwanda : un journaliste de la BBC porté disparu 

Le journaliste rwandais Phocas Ndayizera est porté disparu depuis ce mercredi 21 novembre 2018. Cette disparation intervient un peu plus d’un mois après la disparition de Boniface Twagirimana dans une prison haute sécurité, sa famille étant toujours sans nouvelles de lui malgré de nombreuses demandes. Phocas Ndayizera est un journaliste rwandais indépendant ayant travaillé pour plusieurs médias dont Radio Rwanda. Il travaille actuellement pour la radio locale BBC-Gahuza.

Phocas Ndayizera


Ce mercredi 21 novembre 2018, Phocas Ndayizera a quitté son domicile pour se rendre dans la ville de Muhanga située dans la province du Sud du pays. Depuis, sa famille ainsi que son entourage proche sont sans nouvelles de lui.
Sa femme Chantal Mukarugira contactée par la radio la Voix de l’Amérique a indiqué l’avoir aperçu pour la dernière fois mercredi à 8h00 du matin, n’avoir pas réussi à le joindre vers 14h00, son téléphone sonnant sans qu’il réponde, et avoir réessayé vers 15h00, heure à partir de laquelle elle a constaté que le téléphone de son mari était éteint.
C’est vers 18h00 que sa femme toujours sans nouvelles a commencé à s’inquiéter: « Mon mari ne coupe jamais son téléphone » raconte-t-elle à la Voix de l’Amérique. Elle a aussi contacté l’entourage proche de son mari, ceux qu’il fréquente au quotidien et eux aussi étaient sans nouvelles de Phocas Ndayizera et n’avaient pas réussi à le joindre au téléphone.
Le lendemain, Chantal Mukarugira est allée signaler la disparition de son mari auprès du RIB (Rwanda Investigation Bureau – le Bureau rwandais d’enquêtes). Depuis, les espoirs de Chantal Mukarugira de revoir son mari revenir à leur domicile s’amenuisent de jour à jour. C’est au quatrième jour de la disparition qu’elle est retournée s’en inquiéter auprès du RIB, qui l’a informée que l’enquête n’avait toujours rien donné.
La disparition de Phocas Ndayizera reste un mystère pour sa femme. « Il n’avait pas de problèmes particuliers, il s’entendait bien avec tout le monde, personne ne lui en voulait, il ne buvait pas d’alcool; » pour elle rien ne peut expliquer la disparition de son mari. Depuis, elle est confrontée aux questions de ses enfants, en particulier celles de son fils aîné de 7 ans qui lui demande des nouvelles de son père: «Où est papa ? Pourquoi papa n’est pas rentré ? » Malgré l’incompréhension elle tente de rassurer ses enfants, leur disant que leur père est parti au travail et qu’il rentrera bientôt.
Un ami et confrère du journaliste, travaillant pour le journal Umuseke, a aussi eu Phocas Ndayizera au téléphone le mercredi matin. Ce dernier lui avait dit se rendre à Muhanga à l’école que fréquentent ses enfants et revenir vers lui. Sans nouvelles de lui, il avait essayé de le rappeler sans succès. Ne connaissant aucun problème à Phocas Ndayizera, ni aucun différend avec quiconque, il se demande s’il est toujours en vie et dans quelle localité il se trouve.
Le Rwanda est considéré par les organisations de défense de la presse comme l’un des pays les plus répressifs envers les journalistes. La situation de la presse indépendante au Rwanda peut être comparée à celle d’un malade souffrant d’une longue maladie sur un lit d’hôpital. Entre 1995 et 2014, 57 journalistes ont fait l’objet d’au moins une menace dont 4 assassinats, et en 2018 le Rwanda est à la 156ème place sur 180 au classement mondial de la liberté de la presse par Reporters sans frontières. La disparition de Phocas Ndayizera est-elle un énième symptôme de la maladie ?
Constance Mutimukeye
Jambonews.net
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