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Le Burundi, un acte fort de paix et de démocratie

Le Burundi, un acte fort de paix et de démocratie
Évariste Ndayishimiye lors de son discours à Gitega après sa désignation comme candidat du CNDD-FDD à la présidentielle

Le départ du président Pierre Nkurunziza, la désignation du généralÉvariste Ndayishimiye comme candidat du parti au pouvoir pour l’élection présidentielle, les relations avec son voisin le Rwanda, la tentative de putsch de 2015, … ce sont des questions auxquelles le nouvel ambassadeur du Burundi en Belgique et auprès de l’Union européenne, monsieur Thérence Ntahiraja, a répondu lors d’une interview qu’il a accordée à Jambonews ; à quatre mois des élections présidentielles et législatives au Burundi.

Le 20 mai prochain, le Burundi va connaitre un triple scrutin : présidentiel, législatif et local. Après la crise politique de 2015 suite à la décision du président Pierre Nkurunziza de se représenter pour un nouveau mandat, ces élections entièrement financées par le peuple burundais, vont  marquer un tournant majeur dans le pays, surtout que le président Pierre Nkurunziza ne se représentera pas. C’est dans ce cadre que Jambonews a interviewé l’ambassadeur du Burundi en Belgique, pour en savoir plus sur l’avancement des préparatifs, et pour aborder d’autres sujets sensibles, notamment les relations tendues avec le Rwanda, la problématique des refugiés, la crise de 2015 et le projet de construction du chemin de fer.

L’ambassadeur Ntahiraja affirme que le Burundi est aujourd’hui stable, et que la paix et la sécurité sont garanties sur toute l’étendue du territoire. Il souligne aussi que parmi les 400000 personnes qui avaient fui le pays pendant la crise de 2015, plus de 226000 ont déjà regagné leurs collines et que d’autres continuent de rentrer. L’ambassadeur Ntahiraja attire l’attention de la communauté internationale sur la complexe question des refugiées Burundais qui date de plusieurs années. En effet, le Burundi a traversé plusieurs périodes malheureuses entre autres l’assassinat en 1961 du héros de l’indépendance, le prince Louis Rwagasore, et en 1972 le génocide commis contre les Hutu burundais dont les centaines de millier de victimes sont actuellement exhumées sous la coordination de la Commission Vérité et Réconciliation (CVR).

L’ambassadeur burundais tient à souligner que les forces de défense de son pays, assurent la sécurité non seulement au Burundi, mais également participent à des missions de maintien de la paix à l’étranger notamment en Somalie, en Centrafrique, en Côte-d’Ivoire et en Haïti.

Si certains pays occidentaux continuent de s’acharner sur le Burundi, pour diaboliser le pays, cela tiendrait à deux raisons selon lui: « Le Burundi a refusé qu’il y ait des bases militaires étrangères dans le pays« . Deuxièmement, « Le Burundi a changé son code minier, depuis que le CNDD-FDD est arrivé au pouvoir, le code minier a été modifié, les redevances du gouvernement ont été revue à la hausse« .  

Quant aux relations entre le Burundi et les pays de la sous-région, l’ambassadeur Ntahiraja souligne que « le Burundi entretient de très bonnes relations avec tous les pays de la région, excepté le Rwanda ». Cependant, Bujumbura a préféré régler les différends qui l’opposent à Kigali de manière pacifique, c’est pourquoi une plainte contre le Rwanda a été déposée auprès de la CIRGL (Conférence internationale sur la région des grands lacs), de l’UA (Union Africaine) et des Nations Unies. Il prévient néanmoins que « si la communauté internationale ne réagit pas, et que les provocations du Rwanda continuentle Burundi se réserve le droit d’exercer sa légitime défense ». Parmi les provocations du Rwanda, l’ambassadeur du Burundi revient entre autre sur l’attaque en novembre 2019, d’une position militaire burundaise située dans la commune de Mabayi, au nord-ouest du Burundi près de la frontière avec le Rwanda, une attaque qu’il attribue au Rwanda.

Pour répondre aux inquiétudes de ceux qui pensent que le Rwanda pourrait tenter de perturber le rendez-vous électoral, Monsieur Ntahiraja affirme que les forces de défense burundaises sont prêtes à tout mettre en œuvre pour que les scrutins de mai 2020 se déroulent dans la paix et la sécurité.       

Le 26 janvier 2020, lors d’un congrès extraordinaire à Gitega, le parti au pouvoir, le Conseil National pour la Défense de la Démocratie-Forces de Défense de la Démocratie (CNDD-FDD) a désigné le général Evariste Ndayishimiye pour porter ses couleurs à la présidentielle du 20 mai ; interrogé là-dessus, l’ambassadeur Ntahiraja a soutenu que cette désignation est « un acte fort de la démocratie » et a rassuré ceux qui pensent qu’il n’y aura pas de changement car M. Ndayishimiye est un proche de Pierre Nkurunziza. « Tous les membres de CNDD-FDD sont proches. Pour qu’un parti politique soit fort, il faut que ses membres soient unis du plus grand au plus petit, du plus petit au plus grand » a-t-il souligné.

L’ambassadeur Ntahiraja appelle la diaspora burundaise de Belgique à travailler ensemble et rester unie quelle que soit leur appartenance politique, éthique ou religieuse pour soutenir le Burundi non seulement dans les prochaines élections mais aussi dans la mise en application du plan national de développement.

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