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Meurtre de Camir Nkurunziza en Afrique du sud : réponses en novembre ?

Meurtre de Camir Nkurunziza en Afrique du sud : réponses en novembre ?

Ce mardi 10 septembre 2019, les suspects dans le kidnapping ayant mené au décès par balles de l’opposant rwandais Camir Nkurunziza, comparaissaient pour la deuxième fois devant le Godwood magistrate’s Court à Cape Town. Parmi le public figurait Annet kabasindi, la veuve de Camir Nkurunziza qui espérait obtenir des réponses sur les circonstances de la mort de son mari. Elle devra encore patienter, le procès étant une nouvelle fois reporté au 5 novembre 2019 pour « enquêtes complémentaires ». 

Rappel des faits : 

Dans l’après-midi du jeudi 30 mai 2019, trois hommes armés tentent d’enlever Camir Nkurunziza, un ancien garde du corps de Paul Kagame, devenu opposant politique et travaillant depuis comme chauffeur Bolt (une compagnie de transport sud-africaine opérant sous le modèle Uber) à Cape Town. L’homme est placé à l’arrière de son propre véhicule qui se met à rouler à vive allure. L’ancien militaire d’élite rwandais se débat et la voiture se met à zigzaguer attirant l’attention de la police sud-africaine qui se met à sa poursuite. Une fusillade s’en suit, au cours de laquelle Camir Nkuzunziza ainsi que Thabo Majeke, un des assaillants sont abattus. Philwe Zwelinjani, 24 ans, ainsi que Sivatho Tshaka, 28 ans, les deux autres suspects sont arrêtés et sont aujourd’hui respectivement poursuivis pour « meurtre » et « vol aggravé ».

Très rapidement les proches de Nkurunziza ainsi que des membres de l’opposition rwandaise en exil, ont pointé du doigt Kigali comme étant derrière la tentative d’enlèvement, d’autant plus que ce ne serait pas la première fois que des anciens gardes du corps de Paul Kagame ont été enlevés à l’étranger, à commencer par Innocent Kalisa, le frère de Camir Nkurunziza, kidnappé à Kampala en août 2013 alors qu’il était sous la protection du HCR. Quelques mois plus tard, il était réapparu dans les geôles rwandaises avant d’être jugé et condamné à 15 ans de prison, en compagnie de Joël Mutabazi, également ancien de garde du corps de Paul Kagame kidnappé le 25 octobre 2013 à Kampala. Le 13 novembre 2014, c’était autour d’Emile Gafirita de subir le même sort alors qu’il se trouvait à Nairobi, il n’a plus jamais été revu depuis. 

Quelques jours après la mort de Camir Nkurunziza, la rumeur accusant Kigali s’est ravivée lorsqu’un ami burundais du défunt a été blessé par balles alors qu’il se rendait aux obsèques de son ami, rappelant les deuils dans la terreurauxquels les Rwandais sont habitués sous le règne du FPR. Pour Annet Kabasindi, veuve de Camir Nkurunziza et mère des cinq enfants du couple, ces tirs étaient clairement une « menace » et une « tentative d’intimidation » « ceux qui ont tué mon mari, veulent nous faire taire (…) c’est un avertissement à ceux qui viennent présenter leurs condoléances » déclare t’elle dans la foulée à RFI. 

Du côté de Kigali, les réactions n’ont pas tardé à sortir installant une cacophonie ai sein même de la diplomatie rwandaise. 

C’est Olivier Nduhungirehe, secrétaire d’Etat aux affaires étrangères du Rwanda , qui a réagi en premier en félicitant la police sud-africaine pour son action « Les tirs émanant de la police de Goodwood en Afrique du Sud contre des car jackeurs qui n’obéissaient pas aux injonctions de la police, qui ont accidenté d’autres voitures et qui sont sortis de la voiture avec des couteaux ne peuvent jamais être qualifiés d’« exécutions extra judiciaires ». La police sud africaine a agi d’une manière professionnelle ». Peu de temps avant, l’homme à tout dire de Kigali avait été jusqu’à qualifier la victime de « criminel » : « Alors, Camille Nkurunziza, un membre de l’organisation terroriste RNC de Kayumba Nyamasa puis du FNL de Callixte Nsabimana, était aussi un car-jackeur en Afrique du Sud. Il a été tué hier soir par la police de Goodwood alors qu’il résistait avec un couteau à son arrestation. Criminel un jour, criminel pour toujours »  

L’ambassadeur du Rwanda en Afrique du sud, contredira aussitôt le numéro deux de son ministère de tutelle, en confirmant que Camir Nkurunziza était bien un « taximan » qui a été victime d’un « car jacking » ayant mal tourné. 

Dans un échange WhatsApp avec un autre média sud-africainVincent Karega expliquera que Camir Nkurunziza était un réfugié sous protection de l’Afrique Sud et du HCR, et semblera regretter les propos de son ministère de tutelle « nous ne pouvons pas faire de déclaration au sujet d’une personne qui n’est pas entrée [En Afrique du sud] sous notre passeport et qui s’est déclarée comme réfugiée et non résidente »

Du côté sud-africain, c’est la prudence ; une source proche du dossier a qualifié l’affaire de « sensible » alors que la presse sud-africaine y voyait potentiellement un nouveau test diplomatique entre Kigali et Pretoria

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