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RDC – Denis Mukwege appelle à l’établissement d’un tribunal pénal international

RDC – Denis Mukwege appelle à l’établissement d’un tribunal pénal international

« Il est temps de réaffirmer nos valeurs de solidarité et de fraternité africaines». C’est en ces termes que le Dr Denis Mukwege demande aux chefs d’Etats africains de soutenir « l’établissement d’un tribunal pénal international »pour les crimes répertoriés dans le rapport du Projet Mapping. 

C’était à l’occasion de la première édition du forum panafricain pour une culture de la paix en Afrique qui s’est tenue à Luanda en Angola le 18 septembre 2019. Invité à prendre la parole, le prix Nobel de la paix affirme que c’est en revenant aux valeurs panafricaines, qu’il a détaillées, notamment celle de la culture de la paix,  que l’Afrique réussira « un développement endogène permettant la satisfaction des besoins de tous ».

Dans son discours, après avoir rappelé la place qui était accordée au partage des richesses, aux femmes, ou encore aux débats publics pour résoudre les palabres dans les sociétés africaines avant l’ère de la colonisation, le prix Nobel de la paix dénonce la répartition inéquitable des richesses ainsi que la place accordée par les sociétés africaines aux femmes, reléguées au statut« d’êtres de second rang». 

Le Docteur Denis Mukwege évoque également le recul de la liberté d’expression : « Le débat public où les citoyens prenaient leurs informations et exprimaient leurs doléances» ayant «laissé la place à l’ère de la manipulation des masses et de l’oppression de la pensée libre. »

L’«homme qui répare les femmes »alerte sur les risques d’une troisième colonisation. «Après le temps de lesclavage, puis celui de la colonisation par les Occidentaux, la Chine est en passe de tout saccaparer dans le cadre dune globalisation non inclusive, bien souvent en collusion avec nos autorités qui bradent nos ressources naturelles et vivrières, en veillant plus àleurs intérêts personnels quau bien-être de leurs peuples. »

En faisant le constat qu’un fossé existe entre les valeurs traditionnelles africaines et les valeurs de la mondialisation à sens unique, le prix Nobel de la paix souligne l’impact pour les peuples africains qui en ressortent traumatisés et appelle à revenir à une identité africaine authentique : « Nous profitons de cette tribune pour réaffirmer que pour construire la paix, l’Afrique a avant tout besoin de puiser dans ses ressources culturelles et humaines et d’adapter ses valeurs à ses origines pour se réapproprier une véritable identité, et enfin permettre le développement humain, social et économique de notre continent et de ses peuples ».

Pour le docteur, « une large partie de la population »africaine ne bénéficie pas des « services de base comme l’éducation et la santé, considérés universellement comme des droits fondamentaux et inscrits dans la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, ainsi que dans nos Constitutions nationales ». En encourageant les dirigeants africains àapporter des solutions àcette problématique, il les encourage àrester optimiste et rappelle que c’est possible. « L’espoir deviendra une réalité tangible lorsque les dirigeants africains et les élites du continent se feront soigner et mourront sur la terre de leurs ancêtres plutôt que dans des hôpitaux occidentaux, et enverront leurs enfants dans des écoles et des universités du continent plutôt qu’à Paris ou à Lisbonne. Nous en avons les moyens humains et matériels. Tout est question de volonté politique ».

Le Docteur Mukwege a terminé son discours en revenant sur un thème qui lui est cher, la paix et la justice transitionnelle. En reprenant une formule qu’il avait déjà utilisée le 10 décembre 2018,  il a réaffirmé que « la paix ne se construit pas sur des fosses communes » mais sur un socle de justice, et a appelé à la création d’un Tribunal pénal international pour « soutenir la mise en œuvre des recommandations du Rapport Mapping du Haut Commissariat des Nations Unies pour les droits de l’Homme sur les graves violations des droits humains et du droit international humanitaire commises entre 1993 et 2003 en RDC, publié il y a presque 10 ans . ».

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